Accord signé, après plus de 20 ans de lutte

Sénégal: Fin du conflit entre les rebelles de l’abbé Diamacoune et le gouvernement?

Dakar, 30 décembre 2004 (Apic) Un accord censé ramener la paix en Casamance, région du sud du Sénégal affectée par une rébellion armée indépendantiste depuis plus de deux décennies, a été signé entre le gouvernement sénégalais et le dirigeant historique de la rébellion jeudi.

L’accord a été signé entre le ministre de l’Intérieur sénégalais Ousmane Ngom et l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, chef du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance, indépendantiste).

Par cet accord, le MFDC renonce à la lutte armée ce qui devrait, selon la présidence sénégalaise, ouvrir la voie à des «négociations sérieuses» entre les deux parties.

La Casamance était en proie à une rébellion indépendantiste depuis 1982. En juillet dernier, le Parlement sénégalais a approuvé une amnistie pour les séparatistes de Casamance.

Le MFDC a déclaré la guerre aux autorités de Dakar en 1982. L’abbé Diamacoune Senghor est considéré comme le principal instigateur de cette crise. C’est lui qui a fondé le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance, principalement dans le but de lutter pour obtenir l’indépendance de cette région.

La proposition d’amnistie avait été présentée par l’exécutif au début du mois de juin, au terme d’un long processus de négociation avec la rébellion, qui a accepté de cesser l’insurrection.

En octobre 2003, le MFDC avait décrété la fin des hostilités mais quelques combats sporadiques ont encore eu lieu depuis, causant la mort de soldats. De nombreuses mines infectent encore la région de Casamance.

20 ans de combat

Géographiquement, la Casamance est séparée du reste du Sénégal par une bande de terre gambienne. En 20 ans de combats, la guerre a fait des centaines de morts, aussi bien dans les rangs des rebelles que dans ceux de l’armée, ainsi que des civils. L’économie de la Casamance, basée sur l’agriculture et le tourisme, a également été fortement pénalisée par ce conflit.

L’abbé Diamacoune, leader de la rébellion casamançaise, avait été sévèrement rappelé à l’ordre en 2001 par l’Eglise catholique. La Conférence épiscopale du Sénégal (CES) lui enjoignant de quitter la tête de la rébellion. (apic/ag/ib/ms/pr)

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