Création d’une commission pour une nouvelle Constitution

Sud Soudan: suite au Protocole de cessez-le-feu

Khartoum, 3 janvier 2005 (Apic) Suite au protocole de cessez-le-feu, une commission entre le gouvernement et les rebelles de l’Armée de libération populaire du Soudan (SPLA) planchera sur une nouvelle Constitution et de nouvelles lois.

La signature vendredi 31 décembre 2004 du protocole de cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles de l’Armée de libération populaire du Soudan (SPLA), ouvre la voie à un accord de paix global mettant fin au plus long conflit en cours en Afrique. Premier acte concret, une commission entre les deux parties a été créée.

La nouvelle a été annoncée à Khartoum le 2 janvier par le ministre de la Justice Ali Osman Yassein, qui a précisé que cette commission aura un mandat législatif. Elle devra amender des lois discriminatoires entre Soudanais et élaborer un projet de nouvelle Constitution. La loi fondamentale actuellement en vigueur contient des éléments de discrimination pour les citoyens non musulmans. La même commission, a poursuivi le ministre, devra mettre au point une Charte constitutionnelle également pour le Sud Soudan.

Les accords signés jusqu’à présent, dans l’attente de la signature du plan de paix global du 9 janvier prochain au Kenya, prévoient une période de transition de 6 ans. Au terme de cette période, le Sud (à majorité chrétienne et animiste) se prononcera par référendum sur son futur statut.

Depuis 1983, les indépendantistes de la SPLA sont en lutte contre le gouvernement de Khartoum, revendiquant une autonomie et le contrôle de l’extraction du pétrole des riches gisements du sud. Sur la base des accords signés en 2002, l’or noir sera équitablement partagé entre les deux parties.

La signature du protocole du 31 décembre dernier a été considérée par le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, comme un modèle pour résoudre la guerre dans le Darfour, à l’ouest du Soudan, où la crise humanitaire a causé des dizaines de milliers de victimes et plus d’un million et demi de réfugiés. La guerre en cours entre Khartoum et les indépendantistes du Sud, elle, a provoqué depuis 1983 plus de 2 millions de victimes et quatre millions de personnes déplacées. VB

Fragiles espoirs de paix en Afrique

Outre le Sud Soudan, au Sénégal, l’accord destiné à ramener la paix en Casamance (sud) suite à une rébellion indépendantiste, a été signé jeudi 30 décembre 2004 à Ziguinchor. En Somalie, d’innombrables négociations ont finalement amené à la création d’un parlement.

Mais au Congo RDC, la situation est dangereuse. Les évêques congolais dénonçaient le 19 décembre les intrusions et les attaques à l’est de leur pays perpétrées par des troupes rwandaises, intervenant « quelques semaines après la signature par les chefs d’Etat de la sous-région des Grands Lacs, de l’accord de Dar es-Salaam et la rencontre de la francophonie à Ouagadougou. Signes d’apaisement en Côte d’Ivoire? Après la crise en novembre avec la France, le président ivoirien Laurent Gbagbo a affirmé le 28 décembre 2004 vouloir « tourner la page et aller de l’avant », rapporte la presse ivoirienne.

Si les relations extérieures s’apaisent, le pays est toutefois toujours coupé en deux à cause d’une rébellion dans le nord, qui a éclaté il y a plus de deux ans. Suite aux accords de Marcoussis du 24 janvier 2003 entre rebelles et gouvernement, des troupes de l’Onu et des forces françaises y avaient été déployées pour en surveiller l’application. La présence française est remise en cause après des affrontements et manifestations ayant fait de nombreux morts de part et d’autre. En Ouganda, les espoirs de paix se sont à nouveau envolés. Le président ougandais Yoweri Museveni a exclu dimanche 2 janvier la probabilité de futurs pourparlers avec la rébellion du nord du pays, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), selon le porte-parole Onopito Ekomoloit. Le président ougandais avait ordonné samedi la reprise des attaques contre les rebelles de la LRA, après le report en dernière minute d’un accord de cessez-le feu temporaire, prenant fin le 31 décembre, et qui aurait ouvert la voie à des pourparlers de paix.

L’espoir par les femmes

Toutefois, c’est au niveau de la société civile africaine qu’il faut voir de maigres espoirs de paix, des groupes et associations, religieux, laïcs, dont des mouvements féminins, notent les observateurs. Ceux-ci expriment un dynamisme qui laisse augurer quelque espoir pour l’Afrique. Selon l’africaniste français Jacques Giri, directeur de SEED (Stratégie énergie environnement développement), membre de l’Observatoire permanent de la coopération française, c’est vers la femme africaine qu’il faut se tourner, pour appréhender l’Afrique de demain. Il rappelle que la présidente du nouveau parlement africain est Gertrude Mongella, une Tanzanienne.

Pour ne pas parler de l’Alliance des femmes du Soudan, de l’Association des femmes du Soudan, à Nairobi, de la Fédération du nouveau Soudan et de la Voix des femmes pour la paix au Soudan. Toutes ces organisations ont contribué au processus de paix que connaît aujourd’hui le pays. Symbole de l’avancée des femmes dans le monde des valeurs communes à l’humanité et de la paix, le prix Nobel de la Paix 2004 décerné à une Kenyane, Wangari Maathai, première lauréate africaine, secrétaire d’Etat à l’Environnement kenyan et militante écologiste. Connue également sous le nom de Wangari Muta, elle a reçu le Prix « pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ». Elle est la première Africaine de l’Histoire à être honorée de cette distinction. (apic/misna/avvenire/ag/vb)

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