Rome: Le cardinal Lustiger envoyé spécial de Jean Paul II le 27 janvier
Rome, 9 janvier 2005 (Apic) Le cardinal Jean-Marie Lustiger a été nommé par Jean Paul II son « envoyé spécial » aux cérémonies du 60e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau.
Le cardinal Jean-Marie Lustiger archevêque de Paris, sera l’envoyé spécial de Jean-Paul II aux cérémonies du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz en Pologne. C’est ce que le Saint-Siège a indiqué le 8 janvier 2005. Les cérémonies commémoratives se dérouleront le 27 janvier.
La mère du cardinal français Lustiger est morte en déportation au camp d’Auschwitz en 1943. Juif d’origine polonaise, Aaron Lustiger, le père, a échappé à la déportation grâce à une famille d’Orléans qui l’a recueili et au contact de laquelle il se convertit à l’âge de 14 ans. En 1940, en pleine guerre, il reçoit le baptême, malgré les réticences de son père. Ce proche de Jean Paul II n’a jamais caché ses racines juives.
Pour la commémoration de la libération du camp par l’armée russe le 27 janvier 1945, plus de 10’000 personnes sont attendues, dont une vingtaine de hauts responsables politiques, parmi lesquels le président Jacques Chirac.
Lors de son premier voyage en Pologne, en juin 1979, Jean Paul II était venu se recueillir dans le camp d’extermination où trois à quatre millions de personnes, dont plus d’un million de juifs, trouvèrent la mort entre 1940 et 1945. Parmi ces victimes, le pape a canonisé en 1998 Edith Stein, philosophe juive, convertie au catholicisme, devenue carmélite, déportée et morte à Auschwitz , ainsi que Maximilien Kolbe, religieux franciscain, en 1982.
Le carmel d’Auschwitz
Lors du 50e anniversaire de la libération du camp en 1995, les esprits étaient encore profondément marqués par ce que l’on a alors appelé ’l’affaire du carmel d’Auschwitz’. A la fin de l’année 1984, huit religieuses polonaises de Poznan, appartenant à la congrégation des carmélites déchaussées, s’installent sur l’ancien site du camp. C’est le début d’une des plus graves crises entre juifs et chrétiens depuis la Seconde guerre mondiale.
Le cardinal Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie (près d’Auschwitz), successeur à ce siège de Karol Wojtyla, donnait dans une allocution le 4 janvier 1986, son point de vue sur la construction d’un carmel au sein du camp nazi. Il rappelait que « pour les Polonais, Auschwitz est synonyme de souffrances et d’extermination. C’est le synonyme du massacre accompli par l’Allemagne à l’encontre du peuple polonais ».
En effet, si, pour les juifs, le nom d’Auschwitz est le symbole de ’la solution finale’, pour les Polonais, il est aussi celui de leur propre martyre. Le carmel, qui devait être un lieu de silence, de prière et d’expiation devient alors objet de scandale.
Au cours de l’été 1988, une croix de bois de sept mètres de haut est dressée. C’est la croix qui dominait l’autel pontifical lors de la visite de Jean Paul II à Auschwitz. Le lieu choisi pour l’ériger, comme l’indique un panneau au pied de ce calvaire, est la fosse de graviers où, au début de la guerre, étaient fusillés les résistants polonais.
Pour faire taire les polémiques, le Vatican intervient. Il réclame la reprise de la construction du nouveau centre de prière incluant le carmel. La première pierre en est officiellement posée par le cardinal Macharski en février 1990. Mais pour dénouer la crise, il faudra l’intervention du pape en personne, qui dans une lettre aux soeurs publiée le 14 avril 1993, à la veille du cinquantième anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie, leur demande de déménager. (apic/imedia/hy/vb)
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