Israël: Retrait de Gaza, des rabbins de premier plan pourraient rejoindre le front du refus
Tel Aviv, 10 janvier 2005 (Apic) Plusieurs rabbins de premier plan, dont l’ancien grand rabbin sépharade Mordechai Eliyahu, pourraient rejoindre le front du refus israélien s’opposant au retrait de la Bande de Gaza. Selon la presse israélienne, ces personnalités religieuses s’apprêtent à soutenir la désobéissance civile des soldats.
Six officiers de réserve – sur les 34 qui ont signé une lettre de refus publiée la semaine dernière – vont par ailleurs être renvoyés de l’armée pour désobéissance aux ordres d’évacuer les colonies juives dans les territoires palestiniens. L’armée israélienne a l’intention d’en faire de même avec les autres officiers s’ils ne retirent pas leur signature.
Les rabbins récalcitrants refusent d’obéir à un ordre qu’ils considèrent comme «clairement illégal». Ils bénéficient notamment du soutien du rabbin Yaakov Yosef, fils du chef spirituel du parti «Shass», Ovadia Yosef, ainsi que de celui du rabbin David Druckman et d’autres leaders religieux de l’Association de rabbins «Pikuach Nefesh». Le rabbin Eliyahu a également obtenu l’appui de l’ancien grand rabbin ashkénaze Avraham Shapira.
Un ordre qui «contredit les lois de la Torah et la moralité»
Durant ce week-end, un groupe de rabbins à la tête duquel on trouvait le Comité des rabbins de Yesha (Judée-Samarie et Gaza) s’est rassemblé à Jérusalem et a proclamé que l’ordre «anti-sioniste» d’évacuer les colonies «contredit les lois de la Torah et la moralité». Les rabbins extrémistes ont estimé que le déracinement des colonies dans les territoires palestiniens est un «acte contre la morale dégoûtant» auquel devrait s’opposer tout civil et militaire.
Entre-temps, un tribunal de Jérusalem a ordonné la libération de deux colons de Cisjordanie qui avaient menacé de mort un rabbin aumônier de l’armée israélienne. Issus des milieux d’extrême-droite, les suspects – un homme de la colonie de Tapuah âgé de 33 ans et un autre de 19 ans de celle de Yitzhar – ont qualifié le lieutenant colonel Yehuda Wiesner de «moser,» c’est-à-dire de quelqu’un qui livre ses propres gens à ceux qui pourraient les tuer. La loi religieuse juive permet de tuer un «moser» avant qu’il ne tue les autres. Affubler le rabbin Wiesner de ce qualificatif, selon la police israélienne, équivaut à une menace de mort. (apic/haar/be)
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