Pays basque: Mgr Uriarte rejette «l’interventionnisme ecclésiastique» en politique

Vives critiques de l’évêque de Saint-Sébastian contre la hiérarchie

Saint-Sébastien, 11 janvier 2005 (Apic) L’évêque de Saint-Sébastien, au Pays basque, Mgr Juan Maria Uriarte, a dénoncé l’»interventionnisme ecclésiastique», après le rejet par la hiérarchie de l’église espagnole du plan souverainiste du gouvernement basque.

Les citoyens «sont appelés à élaborer de façon adulte leurs choix politiques propres, sans protectionnisme ni interventionnisme ecclésiastique», écrit José Maria Uriarte dans une lettre publiée sur le site internet de l’évêché de Saint-Sébastien, au Pays basque espagnol.

La hiérarchie de l’Eglise espagnole avait exprimé vendredi son rejet du plan des nationalistes basques modérés adopté le 30 décembre par le parlement régional, plan qui entend faire du Pays basque une région «librement associée» à l’Espagne.

«Mettre en danger la cohabitation des Espagnols, en rejetant unilatéralement la souveraineté de l’Etat ne serait pas raisonnable ni moralement acceptable», devait estimé vendredi la Conférence des évêques (CEE) dans un texte intitulé «Sur la nation et les nationalismes». La hiérarchie de l’Eglise considère «inadmissible» de vouloir changer la Constitution de 1978.

La CEE affirmait enfin, en référence aux régions autonomes espagnoles, que «quand les nations sont légitimement liées par des liens historiques, familiaux, religieux, culturels et politiques à d’autres nations au sein du même Etat, on ne peut pas dire que (…) elles jouissent d’un droit à la souveraineté politique».

La réponse de Mgr Uriarte, qui passe au Pays basque pour une personnalité de dialogue, proche de ses fidèles, n’a pas tardé: «Je ne considère pas qu’il appartient à ma mission épiscopale de délimiter la nature et la portée juridique et politique de la proposition adoptée par le parlement. Des experts en droit politique en discutent infatigablement. En conséquence, je n’ai pas de motifs suffisants pour émettre une évaluation morale sur le texte approuvé».

Le «plan Ibarretxe», rejeté par le gouvernement de Madrid et les grands partis espagnols, veut donner au Pays basque espagnol des compétences accrues en matière de sécurité sociale, de fiscalité et de justice. Il introduit également la nationalité basque.

Pas une histoire d’amour

A l’image de la réalité politique, l’Eglise catholique espagnole et l’Eglise basque, en général, ne vivent pas une histoire d’amour. La première a mal à son passé. La seconde, par son clergé en particulier, se charge de le lui rappeler. D’autant plus qu’elle a pris fait et cause depuis longtemps sinon pour les nationalistes, du moins en faveur du droit à l’autodétermination. Mais contre la violence de l’ETA. A plusieurs reprises, la hiérarchie catholique à Madrid a lancé de vives critiques contre le clergé et contre les évêques basques. Ceux-ci se préférant dans leur réponse se référer à leur document publié en 2002, axé sur le dialogue et la paix, mais aussi sur la réalité du peuple basque. (apic/ag/pr)

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