Une première, selon Mgr Fitzgerald

Rome: Colloque sur la contribution à la paix des religions traditionnelles

Rome, 13 janvier 2005 (Apic) Le Conseil pour le dialogue interreligieux organise pour la première fois un colloque sur les religions traditionnelles et leur contribution à la paix. Une trentaine de participants de tous les continents y participeront.

Cette rencontre, qui aura lieu du 12 au 15 janvier, est «une première», selon Mgr Fitzgerald. Qui rappelle néanmoins le colloque théologique sur «les religions traditionnelles et le message de l’Evangile», tenu en 1996 à Abidjan.

Selon Mgr Michael Fitzgerald, président du dicastère à l’origine de l’initiative, les religions traditionnelles sont des religions «ethniques» ou «tribales», dont les rites sont transmis d’âge en âge par les peuples qui les pratiquent. L’archevêque britannique, qui s’est entretenu avec l’Apic, donne en exemple les Massaï au Kenya ou les Amérindiens.

«Une religion traditionnelle se distingue d’une religion mondiale comme le christianisme, l’islam ou le bouddhisme, qui passe d’un pays à l’autre, a-t-il poursuivi, parce qu’elle se confine dans un groupe ethnique et n’a pas de vocation universelle». Il a aussi précisé que ces groupes ont chacun «leur spécificité», soulignant «le danger de généraliser» leur fonctionnement.

L’affaire de tous

Le colloque d’aujourd’hui est «orienté vers la paix, parce que nous croyons que la paix n’est pas seulement réservée à quelques personnes». Pour Mgr Fitzgerald, elle est l’affaire de toutes les catégories de la société, donc aussi des personnes marquées par ces valeurs de la religion traditionnelle».

L’archevêque britannique a encore expliqué que l’initiative du colloque remontait à l’assemblée interreligieuse de 1999. «Nous avons essayé de voir le rôle des religions dans le monde d’aujourd’hui», et «cela nous a amenés à une réflexion sur les religions et la paix». Mais «la religion traditionnelle n’avait pas de part dans ces religions-là», a poursuivi le prélat, car les traditions ne sont pas écrites, mais se transmettent oralement de génération en génération. «Nous n’avons pas voulu exclure les religions traditionnelles, nous donc avons organisé ce colloque» début 2005.

Réaliste, plutôt qu’idéaliste

Interrogé sur son déroulement, Mgr Fitzgerald a expliqué que des chrétiens experts dans la connaissance de ces religions traditionnelles, comme des professeurs de séminaires ou d’universités ou des membres d’instituts de missiologie, se réunissent au Vatican. «Nous avons une trentaine de participants des continents africain, asiatique, américain et océanien», a-t-il précisé.

Si ce ne sont pas des adeptes des religions concernées qui ont été choisis, c’est essentiellement pour «des raisons pratiques», ces personnes ne parlant souvent que leur langue. «Nous avons décidé de faire venir des experts avec qui nous pouvons communiquer plus facilement». Mais ces personnes sont en lien avec ces communautés et «impliquées dans le dialogue» avec elles, a-t-il toutefois commenté.

Quoiqu’il en soit, Mgr Fitzgerald souhaite que cette rencontre ne soit pas «idéaliste, mais réaliste». «Le rôle de notre Conseil n’est pas de pratiquer le dialogue mais de stimuler le dialogue» et de l’utiliser «comme un encouragement à des personnes dans différentes parties du monde, à prendre au sérieux ces traditions religieuses, d’en partager les valeurs et d’en voir les possibilités de contribution à la paix», a conclu l’archevêque. (apic/imedia/ar/pr)

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