Rome: La «Civiltà cattolica» défend Pie XII pour son action en faveur des juifs

Raz-de-marée: la science mise au pilori

Rome, 13 janvier 2005 (Apic) La prestigieuse revue des jésuites italiens « Civiltà cattolica », relue par la secrétairerie d’Etat du Vatican, a pris jeudi la défense de l’action du pape Pie XII en faveur des juifs victimes de la Shoah.

Dans son éditorial, la revue revient sur le raz-de-marée en Asie du sud, pour lancer une sévère critique: « Le progrès scientifique et technologique actuel est tel que de nombreux désastres naturels pourraient être évités, ou au moins limités dans leurs conséquences. Malheureusement, ce n’est pas dans cette direction que se dirige aujourd’hui la science et la technique », accuse la revue jésuite.

Pie XII, pape de 1938 à 1959, est accusé par nombre d’historiens d’être resté silencieux au moment des déportations et de l’extermination des juifs décidée par Hitler.

L’historien jésuite Giovanni Sale rappelle l’action du représentant du pape en Hongrie, Mgr Gennaro Verolino, aujourd’hui âgé de 98 ans, et de son adjoint, « qui ont permis de sauver de très nombreux juifs dans ce pays pendant l’occupation allemande ». « La vérité est que derrière l’action de Mgr Verolino, il y avait les directives et l’accord du pape qui suivait tout de près, en envoyant au moment opportun ses sollicitations justes et empressées », affirme le père Sale.

Le jésuite fourni une série d’éléments pour confirmer que « le Saint- Siège a fait tout son possible – avec la Croix Rouge et les ambassades de certains pays – pour sauver de la déportation et des camps d’extermination autant de juifs hongrois que possible ».

A propos des « silences sur les déportations et l’extermination des juifs » dont le Saint-Siège est accusé, le Père Sale affirme que « le Vatican avait choisi à cette période la voie qu’il retenait comme la plus efficace pour atteindre certains objectifs concrets ». « Une protestation, commente le jésuite, aurait pu avoir des conséquences nuisibles pour la cause que l’on souhaitait défendre », assure-t-il.

Les hommes devant leurs responsabilités

La « Civiltà Cattolica » revient également sur le raz-de-marée qui a ravagé le sud-est asiatique le 26 décembre 2004. Une catastrophe, peut-on lire dans l’éditorial de la revue relue par la Secrétairerie d’Etat, du 15 janvier 2005, qui court le risque d’être rapidement oubliée ». Et d’affirmer: « Il est cependant bon qu’on en conserve le souvenir, car elle peut être l’occasion de quelques rappels à la conscience des hommes de notre temps ».

« Voir dans les catastrophes naturelles une punition divine pour le péché des hommes est une erreur » souligne l’article qui tient ainsi à répondre à la question que se posent de nombreux croyants et non-croyants après la catastrophe : « quel rôle Dieu tient-il dans cette tragédie? ».

« Les hommes ne peuvent pas éviter que les catastrophes naturelles adviennent, mais ils peuvent en limiter les dommages », insiste l’éditorial. « Le progrès scientifique et technologique actuel est tel que de nombreux désastres naturels pourraient être évités, ou au moins limités dans leurs conséquences ».

Domination militaire au service de la destruction

« Malheureusement, ce n’est pas dans cette direction que se dirige aujourd’hui la science et la technique », accuse la revue jésuite. « Pour des intérêts égoïstes, de type mercantile ou de volonté de domination militaire, celles-ci travaillent en grande partie pour la destruction de la planète et de ses ressources et seulement pour une part infime pour le bien de l’humanité ». Et le mensuel de rappeler que les sommes d’argent investies dans la construction d’armes toujours plus « terribles et meurtrières », devraient servir à lutter contre le Sida « qui risque de voir disparaître un continent entier », la faim dans le monde et l’analphabétisme.

Cette tragédie « doit rappeler aux consciences dans quelle condition de précarité se déroule la vie de l’homme sur terre » face à « l’orgueil du sentiment d’omnipotence que les uns ou les autres cultivent dans le monde d’aujourd’hui ».

En conclusion, l’éditorial de La « Civiltà Cattolica » souligne que la catastrophe du sud-est asiatique est avant tout un appel à la solidarité. « Les calamités qui frappent le monde touchent en premier lieu les plus pauvres ».

« En réalité, le véritable problème des pays touchés par le tsunami est celui de la reconstruction, qui durera plusieurs années et qui requiert d’immenses ressources humaines et financières ». Ainsi, la revue invite la communauté internationale à mettre en place un « organisme stable qui puisse aider ces pays dans leur travail de reconstruction ». En effet, « le danger existe que passé l’effroi de ce qui s’est passé, on se souvienne des Maldives et de la Thaïlande uniquement comme des lieux de vacances et de divertissements, pas toujours honnêtes ». (apic/imedia/ag/hy/pr)

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