Les catholiques sont cependant inquiets des répercussions

Etats-Unis: Les fidèles toujours aussi nombreux à la messe, malgré les affaires de pédophilie

Washington, 13 janvier 2005 (Apic) Les fidèles sont toujours aussi nombreux à la messe aux Etats-Unis, malgré les affaires de pédophilie qui secouent l’Eglise catholique depuis plusieurs années. Une enquête montre cependant que les catholiques américains sont inquiets que le coût causé par les abus sexuels commis sur des mineurs porte atteinte à la capacité de l’Eglise de conduire sa mission.

Le Centre de recherche appliquée dans l’Apostolat (CARA) relève que la fréquentation de la messe par ceux qui s’identifient eux-mêmes comme catholiques «est resté absolument inchangé» entre 2000 et 2004 malgré la crise provoquée par la découverte des abus sexuels commis par le clergé.

Dans un rapport publié par le centre de recherche catholique indépendant relevant de l’Université Georgetown à Washington, les chercheurs notent cependant un déclin de la pratique religieuse sur le long terme du côté catholique. Mais cette tendance s’explique avant tout par le changement de génération dans la population. Il ne s’agit pas en fait d’une désaffection de larges segments de la population catholique qui auraient changé de comportements.

CARA a conduit 10 sondages à un niveau national entre septembre 2000 et septembre 2004. Les personnes s’identifiant comme catholiques ont été interrogées sur divers thèmes, notamment sur leur fréquentation de la messe en dehors des mariages et des funérailles. En septembre 2000, 33% des personnes questionnées déclaraient fréquenter la messe «au moins une fois par semaine». En septembre 2004, 31% des personnes interrogées donnent la même réponse.

Un souci croissant concernant les capacités financières de l’Eglise

Un autre sondage auprès des catholiques pratiquants réguliers montre cependant un souci croissant concernant la capacité financière de l’Eglise catholique américaine à remplir sa mission en raison des coûts engendrés par la crise des abus sexuels causés par des membres du clergé.

Une enquête par téléphone en décembre dernier menée par Zogby International montre le désir croissant des catholiques de base d’avoir leur mot à dire en matière de gestion financière de leur Eglise. «Clairement, près de trois ans après l’éclatement du scandale des abus sexuels, un des éléments qui perdure est que les paroissiens ne sont toujours pas contents de la manière dont on mène l’Eglise sur le plan financier», estime Charles E. Zech, professeur d’économie à l’Université catholique Villanova, près de Philadelphie.

Sommes restées égales, mais diminution des contributeurs

Expert dans les questions d’Eglise, le professeur Zech a aidé à rédiger le questionnaire et a écrit l’analyse accompagnant le sondage, financé par FADICA, un groupe de fondations et de donateurs privés intéressés aux activités catholiques, basé à Washington. L’étude a porté sur 803 personnes identifiées comme catholiques, dont 81% ont déclaré fréquenter la messe au moins une fois par semaine, contre 19% qui vont à la messe «presque une fois par semaine».

Le sondage, qui a un taux d’erreur de plus ou moins 3,8%, montre que 14% des personnes interrogées ont diminué leur contribution ecclésiastique à leur paroisse et 19% ont fait de même en ce qui concerne les collectes nationales en raison de la crise des abus sexuels. Par contre, 8% ont fait le contraire en augmentant leur don au niveau paroissial, tandis que 5% ont fait de même au niveau national. Si le nombre des donateurs a baissé, il semble cependant que pour le moment, le niveau des dons soit resté le même.

Selon ce sondage financé par FADICA, 65% des personnes questionnées ont exprimé leur inquiétude que le coût causé par les abus sexuels commis sur des mineurs allait porter atteinte à la capacité de l’Eglise de conduire sa mission. Cela représentante une progression de 10% par rapport à un sondage similaire mis sur pied par FADICA en 2002.

Notons que 27% des personnes interrogées ignoraient que plusieurs diocèses américains avaient annoncé leur faillite en raison de la crise causée par les abus sexuels, mais une majorité (57%) ont déclaré que la connaissance de ces faillites n’a eu aucun effet sur leur volonté de contribuer financièrement à leur Eglise.

Cependant 17% de ceux qui n’ont pas changé le montant de leurs contributions ont dit vouloir le faire au cas où ils venaient à apprendre que leur argent serait utilisé pour payer des dédommagements légaux. La solution la plus prisée pour faire face aux dépenses liées à ce scandale est la vente de propriétés appartenant à l’Eglise (38%), suivie par l’idée d’une quête spéciale au niveau diocésain (36%), d’une déclaration de faillite du diocèse (35%) et de la fermeture de paroisses (28%). (apic/cns/be)

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