Jérusalem: Mise en oeuvre des Accords fondamentaux du Saint-Siège avec Israël et l’OLP
Jérusalem, 13 janvier 2005 (Apic) Les évêques européens et nord-américains, à l’issue de leur réunion en Terre Sainte, ont réclamé jeudi 13 janvier l’entrée en vigueur immédiate et complète des Accords fondamentaux entre le Saint-Siège et Israël ainsi que de ceux liant le Vatican et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Les évêques européens, canadiens et américains du Groupe de coordination pour la Terre Sainte, réunis en assemblée annuelle du 10 au 13 janvier à Jérusalem, Bethléem et la Galilée, ont exprimé leur soutien à l’Assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte, qui les avait invités sur les lieux où vécut le Christ.
La paix est le fruit de la justice pour tous
Les prélats catholiques occidentaux se déclarent en complète union avec les chrétiens de Terre Sainte quand ils rappellent les enseignements du pape Paul VI selon lequel la paix est le fruit de la justice pour tous, et ceux du pape Jean Paul II rejetant fermement toute forme de violence sur le chemin de la paix.
Le groupe d’évêques a une nouvelle fois partagé la vie de l’Eglise locale, confrontée à une situation difficile. Les prélats occidentaux ont également rendu visite au président israélien Moshé Katzav et au président de l’Autorité palestinienne fraîchement élu, Mahmoud Abbas.
Dans le communiqué final de leur réunion annuelle, les évêques européens – dont l’évêque suisse Pierre Bürcher – et nord-américains ont souligné l’importance de l’Accord fondamental entre le Saint-Siège et Israël et de l’Accord entre le Saint-Siège et l’Organisation de libération de la Palestine. Ils ont relevé que leur signification est claire pour eux, en appelant à leur promulgation et à leur totale application «sans délai».
Un moment de «grand potentiel politique»
Les évêques présents en Terre Sainte ont ainsi exprimé leur détermination afin que «les problèmes qui touchent les vies et les espoirs de tous en Terre Sainte ne soient pas négligés». Ils soulignent que leur visite a lieu «à un moment de grand potentiel politique». «A notre retour, nous utiliserons chaque occasion de partager avec nos propres communautés et nos propres gouvernements ce que nous avons appris des autorités palestiniennes et israéliennes et ce que nous avons vu et entendu».
Interrogé par I’Apic, Mgr André Lacrampe, archevêque de Besançon (France), a déclaré que cette réunion aura permis également d’être informé directement de l’évolution de la situation politique et économique des chrétiens, et des conditions de vie de toute la population. «Le but de cette rencontre est aussi d’être informé de la manière dont est employée l’aide qu’apporte nos organismes ecclésiaux», a-t-il souligné.
Plaidoyer pour l’existence de deux Etats
Enfin, les archevêques de Liverpool (Grande-Bretagne), St John’s Newfoundland (Canada) et de Besançon (France), et les évêques de Spokane (Etats-Unis), Urgell (Espagne), Stockholm (Scandinavie), Salzbourg (Autriche) ainsi que Mgr Bürcher, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg (Suisse) qui ont signé cette déclaration ont encouragé et soutenu «tous ceux qui travaillent pour la justice et recherchent la paix», afin que les peuples israéliens et palestiniens habitent cette terre «avec dignité, dans deux Etats, dans la sécurité et l’équité».
Au cours de ces 4 jours de réunion, des rencontres avec les présidents Moshé Katzav et Mahmoud Abbas ont eu lieu respectivement le 11 et 13 janvier. «La rencontre du 13 janvier avec le président récemment élu de Palestine a été importante car elle a réuni les évêques catholiques, mais aussi les orthodoxes et les anglicans», a déclaré Mgr Lacrampe à I’Apic. Dans son discours, le président de l’Autorité palestinienne a relevé l’importance de cette terre pour la coexistence des trois religions. «Il va s’employer à ce que la ’feuille de route’ soit reprise et s’engager effectivement pour la réconciliation et la paix».
«Je crois que c’est une ère nouvelle qui s’ouvre pour Israël et pour l’Autorité palestinienne, et l’un et l’autre des présidents ont salué ce fait», a conclu l’archevêque français. Le Saint-Siège et l’Autorité palestinienne avaient conclu un Accord en 2000, faisant pendant à celui signé en 1993 entre le Saint-Siège et Israël. Ce traité international conclu avec l’Autorité palestinienne garantit les droits de l’Eglise catholique en territoire palestinien. Ceux-ci sont fondés, d’une part, sur le respect de la liberté religieuse et de conscience et, d’autre part, sur l’égalité entre tous les citoyens du futur Etat palestinien, indépendamment de leur religion.
Or, ces dernières années, dans le sillage de l’aggravation du conflit israélo-palestinien, les projets de Constitution palestinienne prévoient d’accorder une place officielle et prépondérante à la religion musulmane. Face à des actes de discrimination et de violence dont est victime la minorité chrétienne des Territoires palestiniens, l’Eglise catholique voudrait voir pleinement appliqués ces Accords. Par ailleurs, les négociations entre Israël et le Saint-Siège en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier devaient reprendre à Jérusalem le 13 janvier 2005. (apic/imedia/be)
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