Il renonce à l’idée de financer à 100% les écoles privées juives

Canada: Financement des écoles juives, volte-face du gouvernement du Québec

Montréal, 20 janvier 2005 (Apic) Face à la grogne de divers milieux, dont les mouvements laïcs et l’école publique, le gouvernement du Québec a fait volte-face à propos du financement des écoles privées juives qui adhèrent à des programmes d’intégration. Le Premier ministre du Québec Jean Charest a annoncé mercredi que son gouvernement renonçait à l’idée de financer à 100% ces établissements scolaires de Montréal.

Jean Charest voulait encore la veille, à l’initiative du ministre de l’Education Pierre Reid, débourser 10 millions de dollars annuels de fonds publics pour ces écoles juives. Il y a renoncé mercredi à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres qualifiée de « très émotive ». Cette mesure aurait eu pour but de favoriser le rapprochement entre les communautés, selon la version gouvernementale. Charest a admis qu’il n’avait pas choisi le bon moyen pour réaliser son objectif.

« Démagogie et préjugés » ont nourri la controverse

Parlant de « démagogie » et des « préjugés » qui ont nourri la controverse, le Premier ministre a reconnu que la population du Québec n’était pas prête à faire ce pas en direction de la communauté juive de la province, qui compte environ 100’000 membres. Même des milieux juifs s’étaient opposés à cette « manne » publique, craignant un retour de flammes contre eux. Jean Charest a déclaré que la décision d’accorder un financement à 100 % aux écoles privées juives n’avait absolument rien à voir avec le financement du Parti libéral, pour lequel la communauté juive a versé des fonds importants.

Selon un sondage Léger Marketing publié la veille, 89% de la population québécoise s’opposait à cette décision. Mais la division était aussi présente au sein du gouvernement. Notons encore que le Conseil supérieur de l’éducation avait émis en 1993 un avis contraire à la décision abandonnée mercredi. Le Conseil supérieur de l’éducation recommandait alors de promouvoir l’école commune publique comme étant la structure la mieux ajustée pour promouvoir l’ouverture et l’intégration. C’est justement en utilisant les arguments de l’intégration des enfants issus des communautés culturelles que Charest avait justifié sa démarche.

Le président actuel du Conseil, Jean-Pierre Proulx, rappelle que les écoles « ethnico-religieuses » ont été créées à une époque où il n’existait que des écoles catholiques ou protestantes au Québec. Or, ce n’est plus le cas depuis 1998. Jean-Pierre Proulx, en 2001, dans un rapport sur la place de la religion à l’école, estimait d’autre part que l’enseignement religieux devait être remplacé par un enseignement culturel des religions.

Sylvain Abitbol, président de la Fédération juive canadienne, s’est dit « profondément déçu » de la nouvelle décision du gouvernement du Québec, tandis que le Parti québécois (PQ – opposition) a estimé que le gouvernement Charest avait dans cette affaire commis « une grave erreur ». (apic/rca/be)

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