Irak: Les chrétiens d’Irak ne se font guère d’illusion sur le résultat des élections
Mossoul, 24 janvier 2005 (Apic) Alors que les élections sont attendues ce dimanche, personne n’attend rien des Américains, « ni salut, ni solution », estime Mgr Basile Georges Casmoussa, archevêque syrien-catholique de Mossoul, enlevé lundi dernier 17 janvier et libéré le lendemain.
« A Mossoul, personne ne songe aux élections. Tout le monde vit à qui vive ! Les terroristes clandestins imposent leur sinistre volonté. Les Américains, eux, s’enlisent dans le marécage, et personne n’attend d’eux ni salut, ni solution », lâche Mgr Casmoussa, qui jouit de l’estime tant des musulmans locaux que des chrétiens. « Au contraire, à leur approche, il n’y a que des malheurs », lance, désabusé, l’archevêque catholique de la ville septentrionale de l’Irak.
La situation des chrétiens irakiens à Mossoul même reste très précaire: depuis plus de 2 mois, l’autorité centrale n’a plus le contrôle de la ville. Mgr Casmoussa relève qu’il y a une absence totale de police dans les postes, qui sont vides ou calcinés, des explosions nuit et jour, des attaques d’inconnus armés, non seulement contre des cibles américaines, mais aussi contre des civils.
Les kidnappings pour obtenir une rançon, les assassinats arbitraires – les chrétiens en ont leur lot – sont monnaie courante. La fermeture quotidienne des ponts, de 18 h à 6 h du matin, et parfois même au cours de la journée, coupe la ville en deux. « Parfois, révèle l’archevêque syrien- catholique de Mossoul, on ne peut même pas atteindre les églises de l’autre rive. L’assistance dominicale se trouve ainsi très réduite ».
A cause de la fermeture des ponts, rapporte Mgr Casmoussa, nous avons dû même une fois emmener un mort de Mossoul pour l’enterrer à Qaraqosh, à 32 kilomètres de là, parce qu’on ne pouvait pas atteindre le cimetière de Mossoul! ».
Campagne d’attentats contre les églises chrétiennes
En décembre dernier, les églises de Mossoul ont été attaquées. Dans deux quartiers différents, l’évêché chaldéen et une nouvelle église arménienne orthodoxe, qui devait être consacrée à l’Epiphanie, le 6 janvier, ont été détruits en même temps par des explosifs.
Deux semaines plus tard, trois autres églises de Mossoul ont été la cible de grenades explosives: l’église syrienne-catholique de Bishara, l’église syrienne-orthodoxe St-Ephrem et l’église chaldéenne de la Vierge. « Une troisième fois, en janvier 2005, une grenade, n’ayant pas explosé, fut trouvée dans le jardin de notre église de Bishara », signale encore Mgr Casmoussa.
Dans un message adressé à l’UCIP (Union catholique internationale de la presse, une organisation internationale catholique basée à Genève), dont il est membre, l’évêque syrien-catholique relève encore que le climat dans la ville reste tendu et chargé de toutes les éventualités. (apic/ucip/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse