Une tâche honteuse sur l’histoire de l’humanité, déclare le Vatican

New York: A l’ONU, 60e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis

Rome, 25 janvier 2005 (Apic) La barbarie nazie est une tâche honteuse sur l’histoire de l’humanité, a déclaré le 24 janvier l’Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à New York.

« La souffrance des peuples brutalisés et exterminés par les nazis est une « tâche honteuse sur l’histoire de l’humanité et la conscience de tous », a déclaré lundi Mgr Celestino Migliore devant l’assemblée générale de l’ONU réunie pour la commémoration du 60e anniversaire de la libération par les forces alliées des camps de concentration et d’extermination nazis.

Les lourdes conséquences de l’intolérance

Pour l’Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, cette commémoration est une occasion solennelle de se souvenir des victimes « d’une vision politique inhumaine fondée sur une idéologie extrême ». Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, « nous contemplons les conséquences de l’intolérance, comme nous rappelons tous ceux qui ont été la cible de cette ingénierie politique et sociale des nazis, élaborés à une échelle épouvantable et employant la brutalité délibérée et préméditée ».

Le diplomate du Saint-Siège a alors rappelé que les camps de la mort sont aussi les témoins d’un projet sans précédent visant l’extermination intentionnelle et systématique d’un peuple entier, le peuple juif. « Le Saint-Siège a souligné à de nombreuses occasions, avec un profond chagrin, les souffrances des juifs dans le crime maintenant connu de la Shoah », a-t- il ajouté.

Par ailleurs, Mgr Celestino Migliore a rappelé le souvenir de tous ceux qui étaient destinés à l’extermination, étant considérés comme impropres à la société – les juifs, les peuples slaves, les tziganes, les infirmes, les homosexuels, entre autres -, ainsi que ceux qui ont osé s’opposer au régime par des paroles et des actions – les politiciens, les dirigeants religieux, les citoyens privés – et qui ont souvent payé de leur vie cette opposition. « Les conditions étaient désignées pour faire perdre aux êtres humains leur dignité essentielle et les dépouiller de toute décence humaine et de tous sentiments », a-t-il souligné.

Enfin, pour l’archevêque italien, même si les camps de la mort nazis sont un rappel particulier de l’inhumanité de l’homme envers l’homme et de sa capacité à faire le mal, « cette humanité est aussi capable de grande bonté, d’abnégation et d’altruisme ». C’est là le fruit de « l’éducation et la direction morale », a-t-il expliqué. Il a rappelé les catastrophes des dernières semaines, ajoutant que dans de telles conditions, les gens affichent le meilleur côté de la société humaine comme la solidarité et la fraternité.

Cérémonies commémoratives à Auschwitz-Birkenau

Cet hommage aux victimes des camps de la mort était une première à l’ONU. Les cérémonies commémoratives du 60e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau en Pologne se dérouleront le 27 janvier prochain. Le pape Jean Paul II a envoyé le cardinal Jean- Marie Lustiger, archevêque de Paris, pour l’y représenter.

Lors de son premier voyage en Pologne, en juin 1979, le pape était venu se recueillir dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, où environ un million et demi de personnes, dont près d’un million de juifs, trouvèrent la mort entre 1940 et 1945. Parmi ces victimes, le pape a canonisé en 1998 Edith Stein, philosophe juive, convertie au catholicisme et devenue carmélite, ainsi que Maximilien Kolbe, religieux franciscain, en 1982. (apic/imedia/ms/be)

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