52e Journée mondiale des malades de la lèpre
Rome, 30 janvier 2005 (Apic) Le cardinal Javier Lozano Barragàn, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé a appelé à poursuivre la lutte contre la lèpre, dans son message pour la 52e Journée mondiale des malades de la lèpre, le 30 janvier.
Cette journée « appelle à célébrer la domination de l’homme sur la pandémie qui a terrorisée l’humanité durant des milliers d’année », écrit le cardinal mexicain. Mais « on ne peut oublier que celle-ci est encore fortement présente et mortelle dans au moins neuf pays ».
Ce qui préoccupe davantage le « ministre de la Santé » de Jean Paul II c’est la survivance des « présupposés ancestraux » contre les malades de la lèpre qui conduisent « à une discrimination absurde ». Ces comportements sont la cause dans certaines parties du monde de « l’inefficacité » des mesures de lutte contre la maladie. « Tant que la conception de marques d’infamie indélébiles ne seront pas éliminées, la lutte finale pour la victoire contre la lèpre sera encore longue », insiste le cardinal.
Coté positif: « Le plan de prévention et d’assistance médicale » mise en place il y a 13 ans par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a « fait nettement décroître l’impact de la maladie et a permis la guérison de 13 millions de personnes. Aujourd’hui, poursuit le cardinal, « les médicaments ne manquent plus ». Il constate qu’il y a 13 ans, 11 % seulement des malades recevaient une aide médicale. « Des instituts pharmaceutiques internationaux et de nombreuses fondations de bienfaisance mettent gratuitement à disposition les médicaments nécessaires », se félicite aujourd’hui le prélat.
Mais c’est la présence « capillaire » dans les territoires et les infrastructures sanitaires et les équipes préparées qui se trouvent en difficulté, estime le cardinal Barragàn. « Pour une éradication totale de la lèpre, la présence de personnel spécialisé apte à effectuer des examens bactériologiques, à dresser un diagnostique clinique », est nécessaire sur le terrain.
Le travail missionnaire
Ainsi, le cardinal a relevé le travail de l’Eglise missionnaire et des Ong spécialisées qui, bien avant la mise en place du plan de l’OMS de lutte contre la lèpre et l’engagement des Etats du monde, étaient les seuls « à être présents sur le terrain pour lutter pour la vie. Aujourd’hui encore celles-ci sont nécessaires et ont besoin de sentir qu’elles ne sont pas seules », car « de nombreux Etats ont baissé la garde et pour certain, la lèpre est redevenue une menace ».
En 2003, l’Eglise catholique avait en charge 656 léproseries dans le monde contre 678 en 2002. Ces institutions étaient au nombre de 327 en Asie en 2003, 254 en Afrique, 69 sur le continent américain. L’Europe en comptait quatre et l’Océanie deux.
Les promesses de l’OMS
C’est Raoul Follereau qui a créé la Journée mondiale des lépreux en 1954 pour « provoquer une mobilisation universelle des esprits ». La maladie infectieuse reste présente dans plus de 70 pays dans le monde, dont 15 recensent plus d’un cas de lèpre pour 10’000 habitants. Le traitement de la maladie provoquée par un bacille proche de la tuberculose et dont l’incubation peut durer dix à vingt ans se transmet par les sécrétions nasales, les postillons. Un traitement associant trois antibiotiques a été mis au point dans les années 1980. Si on peut aujourd’hui guérir de la lèpre, la maladie est encore loin d’être éradiquée. Elle touche plus de 500’000 personnes dans le monde. L’OMS avait promis la fin de la maladie pour l’an 2000, puis pour 2005. (apic/imedia/hy/pr)
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