New York: Mgr Migliore estime nécessaire une réforme de l’Onu
Rome, 1er février 2005 )Apic) L’Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a estimé qu’une réforme correcte des institutions de l’Onu l’investirait d’une autorité nécessaire pour agir plus fermement pour la paix et le bien de tous. Il a énuméré plusieurs points qu’il conviendrait à ses yeux de revoir.
Devant la 59e assemblée générale de l’Onu, réunie à New-York le 31 janvier 2005, Mgr Celestino Migliore s’est dit convaincu qu’une réforme correcte des institutions onusiennes investirait l’organisation internationale «d’une autorité nécessaire, de crédibilité et de légitimité, pour agir plus fermement pour la paix et le bien de tous».
Le diplomate a expliqué que la réforme envisage «la restructuration interne de l’Onu impliquant le Conseil de Sécurité et l’Assemblée Générale; l’amélioration du Secrétariat comme interlocuteur principal ; et la réforme de l’ECOSOC (Conseil économique et social) à travers de nouveaux objectifs, cela en lien avec le développement et la sécurité».
«Ma délégation trouve le traitement de ce dernier thème particulièrement intéressant, parce qu’il s’applique non seulement à la relation entre conflit et pauvreté, mais aussi aux causes du terrorisme, à la promotion de droits sociaux et à la lutte contre la pauvreté et les mesures préventives contre le chômage», a-t-il encore souligné.
Le diplomate a ainsi espéré «une plus ample discussion concernant l’usage de la force». En effet, le Saint-Siège «aimerait réaffirmer que cette défense légitime doit particulièrement se faire en faveur des populations et de leur sûreté». «Chaque Etat a la responsabilité de protéger son peuple mais, quand il en est incapable ou fait preuve de mauvaise volonté, cette responsabilité devrait être prise en charge par la communauté internationale», a-t-il ajouté.
Adopter une meilleure formule
Par ailleurs, Mgr Migliore a souligné que le Saint-Siège partage le point de vue exprimé par le Rapport sur la sécurité (élaboré par le «groupe de haut niveau’» chargé de proposer une réforme du système des Nations unies), qui «promeut des concepts de prévoyance et d’empêchement, et pas juste ceux de protection et d’intervention». Il a ainsi exprimé son soutien «à de plus amples discussions sur l’établissement d’une Commission de construction de la paix, et sur son emplacement approprié dans les diverses organisations onusiennes».
Selon l’Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, le Vatican recherche «des critères adéquats pour les membres du Conseil de Sécurité et la mise à jour du système électoral de l’Onu», espérant que les débats de ces jours-ci contribueront «à créer et à adopter la meilleure formule pour refléter le caractère démocratique et représentatif de cette organisation».
Le 4 octobre 2004 déjà, Mgr Celestino Migliore avait appelé à une réforme structurelle de l’organisation internationale et, en particulier, de son Conseil de sécurité, lors d’une intervention devant l’assemblée générale de l’Onu à New York.
Le 23 septembre 2003, face aux attentes de la communauté internationale, le Secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan avait annoncé, lors de la 58e Assemblée générale de l’organisation, la nomination d’un groupe de personnalités chargées de proposer une réforme du système des Nations unies. Les 16 membres du «Groupe de haut niveau» ont le devoir d’examiner les obstacles actuels à la paix et à la sécurité, d’envisager comment des mesures collectives peuvent contribuer à surmonter ces obstacles.
Depuis le 1er juillet 2004, l’Assemblée générale de l’Onu a reconnu au Saint-Siège le droit à une participation plus active aux travaux de l’Assemblée, confirmant son statut d’Observateur permanent, alors que ce renforcement intervenait l’année du quarantième anniversaire de la présence du Saint-Siège à l’Onu. (apic/imedia/ms/pr)
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