Rome: Entretien avec Mgr Grab, président de la CES, en visite ad limina
Rome, 3 février 2005 (Apic) Le président de la Conférence épiscopale suisse (CES), Mgr Amédée Grab, en visite ad limina à Rome en compagnie des évêques de la CES, a salué le courage du pape. Qui est, à ses yeux, un signe d’encouragement pour les malades et les personnes âgées. Les membres de la CES ne pourront donc rencontrer le pape, hospitalisé. Mais leur visite se poursuit normalement, avec notamment la rencontre avec les chefs de dicastères.
Dans un entretien accordé à l’Apic, jeudi à Rome, l’évêque de Coire s’exprime en outre sur l’oecuménisme en Suisse.
Interrogé sur l’hospitalisation et l’aptitude du pape à remplir ses obligations, Mgr Grab a déclaré que le pape ne devrait «certainement pas» renoncer à sa charge. «D’une façon croissante, nous nous apercevons que les nombreux malades et personnes âgées dans le monde sont fortement encouragés par la fidélité et par le courage du pape», a-t-il ajouté.
La maladie du pape «est évidemment une profonde surprise parce que la rencontre de chacun des évêques et de l’ensemble de la Conférence des évêques avec le souverain pontife est un élément central de la visite ad limina», a-t-il souligné. «Cette fois-ci nous en sommes privés, mais nous sommes unis au monde catholique entier dans la prière pour la santé du pape. Mais pas seulement au monde des catholiques, parce que de très nombreux chefs d’Etat et personnalités, qui ne sont pas catholiques, se sont manifestés hier et aujourd’hui pour dire leur solidarité profonde et leur estime du pape», a continué Mgr Grab.
Selon Mgr Grab, les membres de la Conférences des évêques suisses en visite ad limina du 1er au 5 février 2005 ne rencontreront pas le pape. «D’après les nouvelles qui ont été publiées ce matin, le souverain pontife sera absent encore 8 jours», a-t-il continué.
S’exprimant par ailleurs sur l’oecuménisme en Suisse, Mgr Grab a reconnu que «le climat oecuménique en Suisse connaît parfois des tensions.
Relations mouvementées
«Nous avons des relations officielles entre la CES et le conseil de la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse, et ces rencontres ont évidemment pour but de traiter des questions non-résolues», a-t-il déclaré.
Pourtant, «dans la plupart des paroisses, les rapports entre catholiques et protestants du même village, du même quartier, sont excellents». «La prière commune y est fréquente, et il n’y a aucune opposition ni aucune hostilité».
Le prélat suisse a enfin évoqué «un grand moment oecuménique», lors de la signature, le 23 janvier 2005, de la charte oecuménique européenne qui avait été ratifiée par la Conférence des Eglises d’Europe et le Conseil des conférences épiscopales (CCEE) le 22 avril 2001″. Un document qui a été traduit en plus de 30 langues, et a été signé par la communauté de travail des Eglises chrétiennes en Suisse.
Les relations entre les différentes Eglises en Suisse restent cependant mouvementées. Le 19 mai 2004, les Eglises protestantes de Suisse avaient décliné l’invitation de la CES à participer à la messe du 6 juin, lors de la venue du pape en Suisse. Arguant du fait que l’Eglise catholique refuse l’hospitalité eucharistique.
Le 17 janvier 2005, les évêques suisses ont publié un document dans lequel ils rappellent que «l’oecuménisme» ne peut pas être atteint par des attitudes simplificatrices», (.) «gommant le sérieux des questions ouvertes, comme par exemple l’intercélébration de prêtres catholiques et de pasteurs réformés». «Pour arriver un jour à célébrer l’Eucharistie commune du Seigneur, les catholiques et les réformés doivent se réunir régulièrement et prier ensemble».
Avec ses cantons, 184 districts, 3021 communes, et quatre langues, la Suisse est un pays au paysage très contrasté. Si 75% des Suisses sont chrétiens, la pratique s’est largement affaiblie. En dix ans, l’Eglise suisse a perdu près de 150’000 fidèles et 11% des Suisses se déclarent aujourd’hui sans confession, alors qu’ils n’étaient que 7,5 % dans ce cas il y a dix ans.
La dernière visite ad limina des membres de la Conférence épiscopale suisse a eu lieu en septembre 1997. Bien que le pape ne puisse les recevoir, la visite des évêques suisses se poursuit normalement, avec le pèlerinage aux tombes des apôtres et la rencontre avec les chefs de dicastères.
Des photos de cette visite ad limina peuvent être commandées à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch
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