Mais dans un cadre anthropologique et éthique

Rome: Le pape encourage la transplantation d’organes

Rome, 4 février 2005 (Apic) Le pape Jean Paul II a encouragé les médecins dans leur recherche technique et scientifique pour la transplantation d’organes, afin de défendre au mieux la vie. Il a notamment rappelé que l’Eglise encourage la libre donation d’organes. Cela, a-t-il dit, dans un cadre anthropologique et éthique.

Dans son message envoyé le 3 février 2005 aux membres du groupe de travail sur les «signes de la mort» réunis au Vatican jusqu’au 4 février sous l’égide de l’Académie des sciences, le pape, hospitalisé depuis mardi soir à la clinique Gemelli à Rome, a aussi souligné l’importance d’un «dialogue constant» des scientifiques avec «les disciplines anthropologique et éthique».

«En raison du progrès constant de la connaissance scientifique expérimentale, tous ceux en charge de transplantations doivent poursuivre la recherche en cours au niveau technique et scientifique, a écrit Jean Paul II, afin d’assurer le succès maximum à l’opération et la meilleure espérance de vie possible pour le patient».

Soulignant que l’Eglise encourage la libre donation d’organes, le pape a rappelé qu’elle avait toujours maintenu «un intérêt constant et informé» sur le développement des pratiques chirurgicales de transplantation d’organes. Celles-ci cherchent en effet «à sauver des vies d’une mort imminente» et à permettre aux malades de vivre plus longtemps.

«En même temps, un dialogue constant avec les experts est requis dans les disciplines anthropologique et éthique, a insisté le pape, cela afin de garantir le respect de la vie et de la personne humaine, et de fournir aux législateurs les données nécessaires pour établir des normes rigoureuses dans ce domaine».

Le pape s’est alors arrêté sur «les conditions éthiques» mises en avant dans le Magistère de l’Eglise «pour une telle donation», qui mettent l’accent sur «l’obligation à défendre la vie et la dignité du donneur et du receveur». Pour lui, il est important d’humaniser les relations entre les personnes et d’informer correctement le public, car les spécialistes de la transplantation ont des «devoirs».

Une aide pour les dicastères romains

Dans son message, Jean Paul II a salué les neurobiologistes, cardiologues et spécialistes de bioéthique participant à la rencontre pour avoir «choisi d’explorer une nouvelle fois, dans une sérieuse étude interdisciplinaire, la question particulière des signes de la mort, sur la base de laquelle une mort clinique d’une personne peut être établie avec une certitude morale, afin de procéder au retrait d’organes pour la transplantation».

Pour le pape, leurs efforts seraient «certainement une aide pour les dicastères compétents du Saint-Siège, particulièrement la Congrégation pour la doctrine de la foi». «Ils ne manqueront pas de pondérer les résultats de votre réflexion et d’offrir ensuite les clarifications pour le bien de la communauté, en particulier celle des patients et des spécialistes appelés à consacrer leur expertise professionnelle au service de la vie», a-t-il finalement déclaré.

La transplantation d’organes n’est en effet envisageable pour le Magistère qu’en cas de mort cérébrale du patient, manifestée notamment par l’absence de réflexes et un encéphalogramme plat. Inconscient, le patient est alors voué de façon certaine à la mort, même si son coeur peut encore battre. Dans tous les autres cas, comme dans celui de l’état végétatif, où le malade, inconscient, finit inéluctablement par mourir, l’Eglise catholique refuse toute transplantation d’organe, le malade étant considéré comme vivant. Au contraire, l’Eglise défend la vie par l’apport des soins médicaux proportionnels à l’avancée de la maladie (l’acharnement thérapeutique étant condamné) et par la nutrition et l’hydratation permanente du patient.

Définition de la mort cérébrale

La difficulté qui se pose aux médecins est aussi celle de définir de façon certaine la mort cérébrale du patient, à laquelle l’état végétatif peut parfois étrangement ressembler. Ainsi, les spécialistes du Vatican, dont les membres de l’Académie pour les sciences mais aussi de celle pour la vie, étudient les critères à soumettre aux médecins afin qu’ils puissent vérifier précisément l’état du patient en cas de doute.

En 1985, l’Académie pour les sciences avait déjà organisé au Vatican une session de travail sur le prolongement de la vie artificielle et la détermination du moment exact de la mort, et en 1989 une rencontre avait porté sur la détermination de la mort cérébrale et de son rapport avec la mort humaine. (apic/imedia/ar/pr)

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