Rome: Le Saint-Siège dénonce les techniques de fécondation artificielle
Rome, 9 février 2005 (Apic) Pour le président de l’Académie pontificale pour la vie, « toutes les techniques de fécondation artificielle offensent la dignité de l’embryon humain, parce que celui-ci est un enfant et dès le premier moment de la fécondation, il mérite le respect dû à la personne humaine ». C’est ce que Mgr Elio Sgreccia a écrit, le 8 février, dans les colonnes du quotidien italien Il Corriere della Sera.
Mgr Sgreccia confirme, à la veille du référendum italien visant à modifier la loi sur la fécondation artificielle, la philosophie catholique sur les premières phases de la vie, la procréation, la biologie et la culture de la structure familiale. Pour lui, « de nombreuses techniques de fécondation artificielle humaine comportent la destruction, la perte, la sélection et la congélation des embryons ». C’est pourquoi, il est d’une importance capitale d’évaluer les « techniques de procréation artificielles d’un point de vue éthique ».
Selon le président de l’Académie pontificale pour la vie, « la conception technologique traite l’être humain comme un ’produit’, comme un objet qui se construit artificiellement ». Ainsi, « il a été statistiquement attesté lors d’enquêtes répétées, que sur 100 embryons fécondés en laboratoire avec la technique de la fécondation in vitro, seulement 6 ou 7 enfants rejoignent les bras de leur mère », a-t-il affirmé.
L’évêque italien a aussi regretté que l’on estime « nécessaire » de pouvoir expérimenter sur les embryons, les congeler ou les utiliser comme matériel biologique.
Arrêtons de penser à sélectionner les embryons
S’exprimant par ailleurs sur « l’eugénisme et la sélection » qu’implique la fécondation artificielle humaine, Mgr Sgreccia a conseillé « d’arrêter de penser à la possibilité de sélectionner les embryons ». Pour lui, « la sélection eugénique commence déjà dans le choix des donateurs de gamètes, qui viennent faire de la publicité dans les centres de fécondation artificielle ». « Si tous les couples qui demandent la fécondation artificielle se doutaient de toutes ces pertes et manipulations d’embryons, on peut présumer que beaucoup renonceraient à devenir complices d’une série de faits négatifs d’un point de vue simplement humain », a-t-il confié.
Le président de l’Académie pontificale pour la vie a également insisté sur « les répercussions de la fécondation artificielle sur le mariage et la famille ». « On sait que dans certains cas, a-t-il ajouté, il peut arriver que s’instaure une situation avec deux pères, ou deux ou trois mères ». « C’est une « rupture » de la paternité et de la maternité, qui se répercute sur le plan de la relation avec les enfants et entre conjoints, mais crée aussi une situation de conflit juridique », a-t-il poursuivi. « Si on considère le bien de l’enfant comme prioritaire, dans ces situations, celui-ci est privé de son droit naturel, celui d’être mis au monde et éduqué par la double figure d’un père et d’une mère ».
Le droit de connaître ses géniteurs
Pour Mgr Sgreccia, « la disposition juridique, en vigueur dans chaque loi relative à la fécondation artificielle humaine, de maintenir l’anonymat du père géniteur donateur de sperme et de la mère donatrice d’ovule pour la grossesse représente la violation d’un autre droit, celui de pouvoir connaître ses propres géniteurs et ses propres origines ». Ainsi, « la fécondation artificielle lèse les droits de l’enfant, le prive de ses relations filiales avec ses origines parentales et peut contrarier la maturation de son identité personnelle ». Pour l’évêque italien, « les concepts de paternité et de maternité sont altérés (.) parce qu’il manque l’aspect de participation personnelle au moment de la conception ».
Mgr Sgreccia a en effet mis en avant l’importance de l’acte sexuel contenant la « capacité de procréer ». « Un geste si riche, qui transcende la vie des parents, ne peut être substitué par une intervention technologique », a-t-il affirmé. Pour lui, « cet appauvrissement de l’acte de procréation constitue évidemment une offense à la dignité de l’enfant conçu ». En effet, « un acte de procréation sans l’expression corporelle prive d’une part des éléments biologiques, d’autre part de la communion interpersonnelle qui peut s’exprimer complètement à travers le corps ». « La substitution du geste corporel par la technique détermine une réduction de l’acte conjugal, le réduisant au type d’acte technique », a-t-il regretté.
Enfin, Mgr Sgreccia a souligné que « l’Eglise catholique reste en faveur d’interventions vraiment thérapeutiques qui peuvent aider l’organisme de l’homme et de la femme à récupérer fertilité et fécondité ». « Aux couples stériles, l’Eglise catholique recommande l’adoption qui donne à une famille à des enfants qui l’ont perdue ou n’en ont jamais eue », a-t- il enfin déclaré, ajoutant combien l’adoption peut transformer la stérilité physique en fécondité spirituelle et sociale. (apic/imedia/ms/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-le-saint-siege-denonce-les-techniques-de-fecondation-artificielle/