La Croatie et l’UE: un passé qui «pèse» sur l’avenir

Beaucoup d’interrogations pour des négociations incertaines

Zagreb, 11 février 2005 (Apic) Les négociations sur l’entrée de la République croate dans l’Union européenne commenceront-elles le 17 mars 2005? C’est la question qui pend ces jours-ci, telle une épée de Damoclès, au-dessus de la société croate. L’Eglise croate se déclare favorable a une telle adhésion, même si elle admet que des questions demeurent.

Jusqu’à ce jour, semble-t-il, écrit le service de presse de la Conférence des évêques italiens (SIR), jamais un pays candidat n’a connu un début de négociations aussi incertain, même si la Commission européenne avait répondu positivement en avril 2004 à la demande du Gouvernement croate d’adhérer pleinement à l’Union. Mais à une condition: que le gouvernement fasse de son mieux pour que le général des forces armées Ante Gotovina, accusé de crimes de guerre commis durant le conflit des Balkans en 1995, soit retrouvé et livré à la Cour internationale de justice de La Haye.

Ce qui n’est pas le cas: «L’affaire Gotovina» révèle la complexité du processus de rapprochement de la Croatie à l’Union, et fait comprendre que l’obstacle principal n’est pas de nature économique, ni juridique ni même culturelle, mais de nature politique.

Pourtant, toutes les forces politiques parlementaires, avec plus ou moins d’enthousiasme, se déclarent favorables à l’entrée dans l’UE.

L’Eglise catholique croate soutient et suit avec attention le cheminement du pays vers cette adhésion, même si elle ne cache pas les embûches et les dangers présents. La Conférence épiscopale conduite par l’archevêque de Zagreb, le cardinal Joseph Bozanitch, est avec tous ceux qui voient la Croatie comme partie intégrante de l’UE: avec son histoire, son héritage culturel et religieux, elle appartient à la famille européenne dont elle fut éloignée par le régime communiste.

Ce concept a été réaffirmé à plusieurs reprises en 2003 par la Conférence épiscopale croate, et en 2004 par le cardinal lui-même, qui est aussi vice-président du Conseil des conférences épiscopales européennes (Ccee). Il manque encore une action systématique de l’Eglise pour sensibiliser les croyants sur les questions relatives à l’UE. L’absence de référence aux racines chrétiennes dans le préambule de la Constitution européenne, par exemple, a peu touché les 80% de la population qui se déclarent catholiques.

Trouver la bonne mesure

Il faut trouver le bon chemin et les bons modes de présence dans la société pour éviter que l’Eglise ne perde tout contact avec le monde de la culture, de l’art, des médias et de la science. Il ne faut cependant pas oublier que les actuelles «classes» culturelles et intellectuelles ont été formées durant le communisme et se sont vite transformées en une «classe» laïque unique qui ignore, ou tente de présenter de façon négative, tout ce qui est christianisme et Eglise. Ses membres font l’opinion et affirment que la religion est «une affaire privée». Ils ne comprennent pas la façon dont s’est développé le rapport entre l’Etat et l’Eglise dans les divers pays européens, et n’admettent même pas que le christianisme a contribué, et contribue, au développement de la démocratie et de la société. (apic/sir/pr)

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