Suisse: Remise du Prix Herbert-Haag au théologien lucernois Josef Imbach
Lucerne, 11 février 2005 (Apic) La Fondation Herbert-Haag à Lucerne a remis le 11 février son prix « Pour la liberté dans l’Eglise » au théologien suisse Josef Imbach, un religieux âgé de 59 ans.
Le Père franciscain, qui a été récompensé vendredi pour son « engagement courageux et intelligent en faveur d’une catholicité ouverte sans oeillère », s’est vu interdire d’enseignement par le Vatican en 2002 pour erreur doctrinale.
Le théologien a été suspendu en février 2002 par sa congrégation, et sur demande de la Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican, de son enseignement à la Faculté de théologie pontificale Saint-Bonaventure à Rome. Un livre du Père Imbach intitulé « Wunder – eine existentielle Auslegung » (« Miracle – Une interprétation existentielle ») – qui mettrait en doute l’historicité des événements racontés par le Nouveau Testament ainsi que la divinité de Jésus – avait attiré l’attention du Vatican.
Dans son dernier livre « La croyance au pouvoir et le pouvoir de la croyance – De quoi l’Eglise est malade aujourd’hui », le religieux suisse décrit les mécanismes du pouvoir au sein de l’Eglise catholique et met le doigt sur ses « structures insupportablement autoritaires ».
Engagement pour une Eglise libératrice
Cette année, les lauréats du Prix de la Fondation Herbert-Haag – doté de 15’000 francs – sont également le pédagogue social Sepp Riedener et le Synode catholique-romain de Lucerne. Ce dernier avait réclamé en novembre 2003 – par 73 voix contre 8 – l’abolition du célibat sacerdotal obligatoire et l’accès des femmes au sacerdoce. Dans son message envoyé à la Conférence des évêques suisses, le synode demandait aussi la réhabilitation des prêtres dispensés des obligations liées à leur sacerdoce pour avoir renoncé au célibat.
La récompense a été remise à la présidente du parlement ecclésiastique lucernois, Bernadette Rüegsegger-Eberli, et à Paula Beck- Steiger, qui avait pris l’initiative de la fameuse « déclaration de Lucerne ».
Le théologien et travailleur de rue Sepp Riedener, âgé de 61 ans, s’engage depuis trente ans dans le cadre de l’association « Verein Gassenarbeit Luzern » pour une politique de la drogue conforme à la dignité de l’homme. Cette « voix des sans voix », qui milite pour une Eglise libératrice, a également été honorée par la Fondation Herbert-Haag.
Un Prix créé par feu le théologien Herbert Haag
Son action est soutenue « de façon oecuménique exemplaire » par les communautés catholique, réformée et catholique-chrétienne. L’association déploie ses activités dans les domaines de l’hébergement, des repas, du travail, de l’accompagnement médical et de la prévention face au sida. Sepp Riedener, qui est un ancien religieux, est maintenant marié et père de quatre enfants.
Le Prix « Pour la liberté dans l’Eglise » est remis depuis 1985 par la fondation créée par le théologien Herbert Haag. Ce dernier, également Lucernois et franciscain, s’était lui-même fait connaître par ses thèses progressistes et ses querelles avec le Vatican. Il fut professeur d’Ancien Testament à la Faculté de théologie de l’Université de Tübingen, en Allemagne, de 1960 à 1980. Il est décédé en août 2001 à l’âge de 86 ans. (apic/job/be)
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