Des instruments de développement, mais aussi de solidarité

Rome: Lutte contre la pauvreté, le Saint-Siège interpelle la communauté internationale

New York, 14 février 2005 (Apic) Le Saint-Siège interpelle la communauté internationale afin qu’elle s’engage dans la lutte contre la pauvreté. Pour ce faire, ajoute le Saint-Siège, il faut développer le sens de la justice sociale au niveau international. Mais aussi augmenter les investissements publics.

S’adressant aux participants à la 43e session de la Commission des Nations Unies pour le développement social, Mgr Giampaolo Crepaldi, secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, a relevé que le sens de la justice sociale fait encore défaut au niveau international. Cette rencontre était organisée dix ans après le sommet mondial de Copenhague pour le développement social.

Pour Mgr Crepaldi, il est nécessaire de dépasser les catégories de l’intérêt commun et du bénéfice mutuel dont s’inspirent actuellement les politiques de l’aide au développement ou le financement du développement. Si, dans l’immédiat, et d’un point de vue pratique, il est raisonnable de présenter ces mécanismes comme un système de type fiscal, «il faut travailler afin qu’ils soient conçus comme étant l’expression de la justice sociale internationale qui tend à rétablir l’équité entre les peuples», a-t- il expliqué. Il a plaidé pour la mise en oeuvre non seulement d’instruments de développement, «mais aussi de solidarité».

Ne pas se contenter de résultats quantitatifs

Par ailleurs, le prélat a critiqué les responsables des nations et les spécialistes qui ont une approche de l’éradication de la pauvreté fondée sur la réalisation de résultats économiques mesurables. Pour lui, la mesure de ces résultats quantitatifs se fait au détriment de la qualité du travail pour le développement. Pour le représentant du Saint-Siège, une accélération de l’aide au développement est nécessaire.

Pour tirer certains pays du piège de la pauvreté, il faut imprimer un «big push» dans les investissements publics. Mais pour que cette «grande poussée soit efficace», il faut que les pays receveurs soient directement responsables et veiller à l’amélioration de la gouvernance, a conclu Mgr Crepaldi.

Nécessité d’importants investissements publics

Lors d’un débat organisé à l’occasion du 10e anniversaire du sommet de Copenhague, la Commission du développement social a dû constater que les principes qui avaient été adoptés dans la Déclaration de Copenhague en 1995 étaient loin d’avoir été mis en oeuvre. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales, José Antonio Ocampo, a notamment rappelé que le nombre de chômeurs avait augmenté de près de 50 millions au cours des dix dernières années.

«Les principes qui avaient été adoptés il y a 10 ans, lors du sommet de Copenhague, sont loin d’avoir été mis en oeuvre, bien qu’ils aient été répétés à Genève il y a cinq ans», a ainsi regretté le secrétaire général adjoint. José Antonio Ocampo a rappelé que les engagements pris dans la Déclaration de Copenhague en faveur de l’élimination de la pauvreté, de la promotion du plein emploi et de l’intégration sociale étaient accompagnés de recommandations politiques fondées sur le fait indéniable que le bien- être des populations devrait être placé au centre de l’agenda national de chaque pays de la communauté internationale. (apic/imedia/be)

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