Il regrette la décroissance démographique de l’occident

Italie: Le cardinal Scola appelle à la vigilance face au monde musulman

Rome, 21 février 2005 (Apic) Le cardinal Angelo Scola déplore la décroissance démographique occidentale face au monde musulman. Dans un entretien accordé au magazine italien «Panorama» daté du 24 février, le patriarche de Venise s’est aussi exprimé sur d’autres aspects de l’actualité: les couples homosexuels, la figure de Jean Paul II, le célibat des prêtres et le prochain référendum, en Italie, visant à modifier la loi sur la procréation assistée.

Le patriarche de Venise, dont trois prédécesseurs ont été papes, a regretté la «décroissance démographique occidentale» face à la prolificité des musulmans, estimant qu’elle est un «fait très grave en soi». «Je fais mien le terrible jugement du poète et auteur britannique Thomas S. Eliot (1888-1965), selon lequel ’nous sommes des hommes empaillés’». Il ajoute: «Il est vrai que nous, les Européens, sommes un peu empaillés».

Répondant à la question de savoir s’il pourrait exister un dessein musulman pour soumettre l’Europe, le patriarche de Venise a estimé qu’on ne peut pas «contraindre un monde varié et formé d’un milliard d’individus dans une lecture de ce type».

A l’origine de la récente publication d’une revue sur le dialogue avec l’islam baptisée ’Oasis’, le cardinal Scola désire que «la rencontre» avec les musulmans «ne se transforme pas en opposition». S’exprimant sur les terroristes qui disent représenter le véritable Islam, le haut prélat les qualifie de «contre-témoignages». Pour lui, «les bombes humaines représentent une caricature inacceptable du martyre». «Le fondamentalisme naît quand l’idéologie se fait parasite de la religion», a-t-il insisté.

«Comment affronter l’idéologie?», s’est-il interrogé ensuite. «L’attitude de l’Eglise est une chose, celle de l’autorité civile en est une autre, comme encore celle de la société». «Si 250 clandestins débarquent sur une plage, mon premier geste est de les aider», a-t-il souligné, regrettant néanmoins la politique du gouvernement, qui «s’en tient à la politique sur l’immigration tenue au niveau européen».

Tour d’horizon

S’exprimant par ailleurs sur les couples homosexuels, pour lesquels une tutelle juridique et des garanties nécessaires sont à l’étude en Italie, le cardinal Angelo Scola a estimé qu’il est urgent «d’accompagner les personnes à la redécouverte de la beauté du mariage entre homme et femme, ouvert à la vie». «Je ne vois pas pourquoi, dans une période de transition et de réflexion, on devrait affaiblir le concept limpide de famille», a-t-il souligné, ajoutant que «les meilleurs juristes affirment que les lois actuelles permettent de respecter tous leurs droits et de répondre à toutes leurs demandes».

Interrogé d’autre part sur la contradiction d’un pape très aimé, mais qui ne semble pas écouté sur les questions morales, le patriarche de Venise a voulu rappeler «le jugement de Paul VI», selon lequel il y a «une scission entre la foi et la vie». Pour le cardinal Scola, elle s’explique «en partie par la fragilité de l’homme et en partie à notre incapacité à offrir un témoignage personnel convaincant». Il s’est alors exprimé sur son célibat et celui des prêtres en général, assurant que «cette tradition de l’Eglise latine est un idéal à conserver».

S’exprimant enfin sur le prochain référendum italien visant à modifier la loi sur la procréation assistée, le cardinal Scola s’est aligné sur les propos du cardinal Ruini, invitant à l’abstention. «La position du président, au conseil permanent de la Conférence épiscopale, a rencontré l’unanimité», a-t-il déclaré. «Cela me semble un engagement intelligent et décisif». Pour lui, «il ne s’agit pas d’élections politiques» mais d’un «référendum abrogatif, qui prévoit l’abstention comme une modalité pour se prononcer». «Les catholiques n’ont pas demandé ce référendum», a-t-il déclaré. «On ne peut pas affadir trivialement la défense de la vie sur un ’oui’ ou un ’non’», a-t-il affirmé, ajoutant à plusieurs reprises qu’»il n’y a pas de conflit entre la foi et la biologie sur la fécondation».

Référendum contesté

Ces derniers jours, les prises de position se sont multipliées en faveur d’une abstention lors du prochain référendum italien. Parmi elles, le cardinal Tarcisio Bertone, archevêque de Gênes, qui «conteste un référendum qui se fonde sur le mensonge». De même, pour le secrétaire du Tribunal suprême de la signature apostolique, Mgr Velasio De Paolis, il faut «apprendre à défendre les valeurs absolues comme l’ont fait les américains lors du référendum sur la bioéthique». Pour lui, «il suffit de voir le pouvoir des groupes de pression sur les médias, où les mariages homosexuels qui concernent seulement 4% de la population ont plus d’espace que la bioéthique qui intéresse chaque citoyen». «La dictature de la minorité menace la démocratie», a-t-il encore souligné.

Le 19 février 2005, des associations et mouvements catholiques ont annoncé leur adhésion au comité «Science et vie pour la loi 40/2004», se mobilisant ainsi pour l’abstention au référendum prévu pour le printemps 2005. Ce comité est composé de quelque 110 personnalités du monde scientifique, culturel professionnel, politique et associatif. 150 hebdomadaires diocésains italiens ont déjà appelé à l’abstention. (apic/imedia/ms/pr)

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