Turquie: Liberté d’expression en souffrance
Istanbul, 28 février 2005 (Apic) Les futurs procès le 2 mars 2005 de Fikret Baskaya et de Ragip Zarakolu symbolisent la persistance des problèmes liés à la liberté d’expression en Turquie. Le PEN Club International, l’UIE, ainsi que de nombreuses autres ONG seront présentes en Turquie pour l’occasion.
Des ONG comme le PEN Club International, l’Union internationale des éditeurs (UIE), Amnesty international ou Human Rights Watch seront présentes en Turquie afin d’assister aux procès de l’éditeur Ragip Zarakolu et de l’écrivain Fikret Baskaya. Les deux procès ont lieu le 2 mars 2005, respectivement à Istanbul et à Ankara.
Fikret Baskaya sera jugé à Ankara. Il est poursuivi pour « insulte envers l’Etat, les institutions étatiques et militaires ». Il encourt une peine de prison de 3 ans pour deux articles critiques envers les autorités turques, republiés sous la forme d’un livre intitulé « Articles à contre-courant ».
Ragip Zarakolu, co-fondateur et propriétaire des Editions Belge, est poursuivi à Istanbul pour « incitation à la haine raciale ». Cela, en raison d’un article sur les buts de la politique étrangère turque en Irak, paru dans un périodique d’Istanbul au mois d’août 2003. Il encourt une peine maximale de 2 ans de prison. Par ailleurs, il est également poursuivi pour « insulte à la mémoire d’Atatürk », pour un livre qu’il a récemment publié: « L’histoire nous libérera tous – Conciliation turco-arménienne », de George Jerjian.
La prochaine audience sur le livre de Jerjian aura lieu le 16 mars prochain à Istanbul. Une enquête a par ailleurs été ouverte pour l’édition d’un autre livre, « Les villages perdus » de Zulkuf Kisanak.
Une soixantaine de procès en cours en Turquie
Il y a actuellement plus d’une soixantaine de procès en cours en Turquie, directement liés à la liberté d’expression. Ils concernent des journalistes, des écrivains et des éditeurs. De ce point de vue, les procès du 2 mars de Ragip Zarakolu et Fikret Baskaya ne sont que deux parmi tant d’autres. Eugene Schoulgin, membre du Conseil d’administration du Pen Club International déclare: « Pour nous, ils symbolisent en fait la persistance des problèmes liés à la liberté d’expression en Turquie ».
L’Union Internationale des Editeurs (UIE), fondée à Paris en 1896, représente l’édition au plan mondial, à travers 78 associations nationales, régionales et spécialisées dans 66 pays. Le PEN Club International, fondé à Londres en 1921, compte plus de 138 centres dans une centaine de pays. Les deux organisations sont des ONG accréditées auprès de l’ONU, où elles disposent du statut consultatif. Elles s’efforcent de promouvoir et de défendre les libertés fondamentales de publier, de lire et d’écrire. (apic/pen/uie/vb)
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