Des mesures d’économie sur le dos de la solidarité internationale

Suisse: L’OSEO craint une baisse du montant de l’aide suisse au développement

Lausanne, 3 mars 2005 (Apic) Malgré l’engagement important de la Suisse en faveur des victimes du raz-de-marée en Asie, l’OEuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO) à Lausanne craint une baisse du montant de l’aide suisse au développement.

L’OSEO affirme que la solidarité passe par l’aide au développement, alors que le Conseil fédéral dans son ensemble tient à ce que l’aide au développement de la Suisse soit réduite de 234 millions de francs pour les années 2006 à 2008, dans le cadre du programme d’allégement 04.

Près de 300’000 personnes ont perdu la vie lors du raz-de-marée en Asie. Des millions d’autres sont encore sans abri ni moyens de subsistance, rappelle l’OSEO, qui est l’une des grandes oeuvres d’entraide suisses. La population suisse s’est montrée solidaire à cette occasion et a fait des dons pour un montant de plus de 200 millions de francs. La Confédération a apporté une aide humanitaire et Samuel Schmid, président de la Confédération a exprimé le souhaite que « la solidarité globale se poursuive à l’avenir et s’étende à d’autres régions du monde ».

En même temps, le Conseil fédéral veut réduire l’aide publique au développement, note l’OSEO. Doris Leuthard, présidente du Parti Démocrate chrétien (PDC) a pour sa part déclaré, en relation avec le tsunami, qu’il était important de ne pas réduire le budget de la coopération. L’OEuvre suisse d’entraide ouvrière espère qu’elle arrivera à en convaincre son parti. Elle n’est toutefois pas parvenue à convaincre les élus PDC membres de la commission spéciale sur le programme d’allègement 04. Ceux-ci ont en effet, en acceptant la réduction de l’aide au développement, contribué à ce que la commission prenne des mesures d’économie sur le dos de la solidarité internationale.

1,2 milliard de personnes dans le monde vivent avec moins d’un dollar par jour

L’OSEO en appelle au Conseil des Etats pour qu’il refuse les coupes dans le budget de la Direction du développement et de la coopération (DDC) lors des débats prévus les 9 et 10 mars 2005. Dans le monde, 1,2 milliard de personnes doivent vivre avec moins d’un dollar par jour. Tous les jours 24’000 personnes meurent de faim. De plus, ce sont les plus pauvres qui sont le plus durement touchés par les catastrophes et les guerres.

Lutter contre la pauvreté c’est aussi aider ses victimes à faire face aux crises de manière plus autonome et plus efficace. Lors du Sommet du millénaire, la Suisse s’est engagée avec 190 autres pays à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015. De plus, il est dans l’intérêt de la Suisse de stabiliser sur le plan politique et économique les pays pauvres du Sud et de l’Est.

Le sommet de l’ONU en septembre 2005 tirera un premier bilan des résultats de la lutte contre la pauvreté. Une chose est d’ores et déjà claire: il faut augmenter et non diminuer l’aide au développement. L’ONU s’est fixé pour but que les pays industrialisés consacrent 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) au développement. Récemment, le Conseil fédéral a encore assuré qu’il maintiendrait jusqu’en 2010 le 0,4% du PIB.

Mais à l’heure actuelle, seulement 3,38% du PIB suisse sont consacrés à la coopération au développement et, avec les coupes budgétaires proposées, ce chiffre descendrait à 0,33%. Et l’OSEO de conclure: « La solidarité internationale ne doit pas être un slogan creux et la Suisse ne doit pas procéder à la réduction de 234 millions de francs de ses programmes ». (apic/com/be)

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