Le clin d’oeil des représentants des ECS à l’Etat de Fribourg

Fribourg: 56e Assemblée générale des Ecoles catholiques de Suisse

Fribourg, 13 mars 2005 (Apic) Une trentaine de représentants des Ecoles catholiques de Suisse (CES) ont tenu samedi à Fribourg leur 56e Assemblée générale. Histoire de faire le point sur l’avenir des ECS, confrontées à la crise économique et à la diminution constante des établissements munis du label «catholique», à la diminution aussi des élèves, bien moins nombreux que par le passé.

Pourtant, l’Assemblée a enregistré l’adhésion d’un nouveau membre. De quoi se montrer satisfait, par les temps qui courent. Quant à la partie thématique, elle a porté sur l’importance du label ISO. Une certification de qualité à laquelle les ECS tiennent en particulier. Ne serait-ce que pour l’image et le sérieux de ces établissements. Surtout, les responsables des ECS ont adopté une déclaration, sous forme d’appel aux hommes politiques, et de clin d’oeil à l’Etat de Fribourg.

Ainsi, les ECS déplorent la décision du parlement fribourgeois de rejeter l’idée de subventionner l’Ecole de la Goublera, qui fermera ses portes dans deux ans faute de moyens financiers, après 147 ans d’activité. Elles saluent en revanche l’acceptation, par le peuple fribourgeois, le 28 février, de la nouvelle Constitution, ou figure notamment un article sur les Ecoles privées, dans lequel il est question de reconnaissance «d’utilité publique», et donc de possibles subventionnements par l’Etat. De quoi ouvrir un certain nombre de perspectives d’avenir, et mettre un peu de baume au coeur, compte tenu de la situation.

Chute vertigineuse

En trente ans, le nombre d’établissements privés munis du label «catholique» a chuté de manière vertigineuse, pour passer de 200 à une soixantaine aujourd’hui, dont 25 en Romandie, une douzaine au Tessin, le reste en Suisse alémanique. Quant aux élèves, ils ne sont guère plus de 12’000 aujourd’hui à les fréquenter, ces écoles, au milieu des quelque 1’500 professeurs encore en activité, dont moins de 20% de religieux et religieuses

. Secrétaire général des Ecoles catholiques de Suisse, Bruno Santini- Amgarten voit plusieurs raisons aux difficultés actuelles des ECS: des facteurs liés à la diminution des vocations, mais aussi à la crainte des religieux de passer la main aux laïcs. Des facteurs internes enfin, en raison de la hausse de l’écolage. Autrefois, explique le secrétaire général, les prix annuels par élève étaient de 5’000 à 10’000 francs. Ils varient aujourd’hui entre 20’000 et 30’000 francs.

Seuls quelques cantons, comme le Jura (40%), subventionnent des établissements au niveau du CO, ou encore Lucerne ou Zoug et, depuis peu, Bâle-Campagne. Et comment font les autres établissements? Ils tentent de survivre, dit Bruno Santini-Amgarten. Dernière victime en date, l’Ecole de la Gouglera, à Chevrilles (Giffers), près de Fribourg.

Responsables catholiques pas convaincus

L’avenir? Faire admettre aux hommes politiques qu’ils ne peuvent pas simplement rejeter l’idée de subventionner les ECS. Mais il n’y a pas seulement le politicien, regrette Bruno Santini-Amgarten: «Du côté de l’Eglise catholique, beaucoup de responsables ne sont pas convaincus de la nécessité de maintenir de tels établissements». Et pourtant la Suisse est loin de ce qui se fait en Allemagne, en France ou dans le nord de l’Europe. «Malheur à qui toucherait aux subventions des écoles privées. Ce serait tout de suite la démonstration dans la rue». Selon le secrétaire général, la Suisse est proche de la Grèce, réputée mauvaise élève, au dernier rang, reléguée au fond de la classe.

«Non, s’insurgent Bruno Santini-Amgarten, les Ecoles privées ne représentent aucunement un danger pour la cohésion nationale, comme le prétendent certains.

Reste le problème du coût pour les familles. Seuls les gens aisés en effet peuvent se permettre d’envoyer leur progéniture dans les Ecoles privées. Comment envisager qu’une famille aux revenus de 60’000 francs puisse débourser une vingtaine de milliers de francs.? Le secrétaire général des ECS précise à ce sujet que les ECS doivent composer avec la réalité sociale, en donnant la possibilité à des familles modestes d’inscrire leur enfant, en privilégiant un écolage adapté aux réalités économiques des parents».

Une réalité économique qui touche aussi les enseignants de ces ECS. En effet, le salaire peut parfois atteindre la moitié de celui des enseignants du public, selon les régions. A ce tarif, cela s’appelle de l’idéalisme. PR

Encadré

Catholique, mais ouvert

L’Association des ECS a vu le jour en 1949. En Romandie les Ecoles dispensent leur enseignement de l’école enfantine à la maturité. Ce qui n’est pas le cas en Suisse alémanique. A noter qu’un établissement scolaire comme celui de Florimont, à Genève, accueille 17 confessions différentes, au milieu 70% de catholiques. Dans les ECS, relève le secrétaire général, le caractère catholique des écoles ne se définit pas par la l’appartenance religieuse des élèves, mais bien par les idées directrices, et les valeurs enseignées.

Des photos de Bruno Santini sont disponibles à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch

(apic/pr)

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