Le Père Bruno Holtz nommé membre d’honneur de l’ASJC

Bienne: Assemblée générale et 9e Fête des journalistes catholiques de Suisse

Bienne, 13 mars 2005 (Apic) Après dix ans passés à la présidence de l’Association suisse des Journalistes catholiques (de 1994 à 2004), le Père Bruno Holtz, 72 ans, a été nommé samedi 12 mars à Bienne membre d’honneur de l’ASJC. A l’occasion de l’assemblée générale présidée par Walter Müller, l’ASJC a également décerné ce diplôme au Père dominicain Guy Musy, ainsi que deux prix «Médias 2005» pour jeunes journalistes.

Les deux lauréats du prix «Médias 2005» sont le l’étudiant fribourgeois Christophe Chammartin, responsable des «pages Jeunes» au quotidien La Liberté – récompensé pour son reportage «Le chemin de croix des jeunes chrétiens» réalisé à l’occasion de la visite du pape Jean Paul II à Berne – et l’étudiant shaffhousois Manuel Stocker. Ce dernier a réalisé pour le magazine des «Schaffhauser Nachrichten» un reportage sur une religieuse intitulé «Reif fürs Kloster».

Rédacteur en chef de l’agence de presse catholique internationale Apic/Kipa à Fribourg dans les années 80, après un stage à La Liberté (1973- 1975), Bruno Holtz, Thurgovien d’origine, fut également durant une longue période secrétaire général de l’UCIP, l’Union Catholique Internationale de la Presse, qu’il dirigera jusqu’en 1993. Il organisera trois congrès mondiaux de l’UCIP: en 1986 à New Delhi, en 1989 à Ruhpolding (Bavière) et en 1992 à Campos de Jordao (Inde). Il a été récompensé pour ses 40 ans de journalisme dans les organes les plus divers: magazine, quotidien, revues, sans oublier des collaborations à la radio et à la télévision.

Second membre d’honneur de l’ASJC, le dominicain Guy Musy, ancien missionnaire au Rwanda – il a contribué dans ce pays à mettre sur pied la revue «Dialogue» -, écrit pour des publications comme la revue «Sources» ou l’Echo Magazine. Avec toujours «la Bible dans une main, aussi chevillée au coeur, et le journal dans l’autre main», comme l’a rappelé samedi à Bienne son ami Dominique Froidevaux, ancien responsable de la Commission tiers monde de l’Eglise catholique (COTMEC) à Genève.

Notons que les comptes 2004 de l’ASJC, qui compte 138 membres, bouclent l’exercice avec une perte de quelque Sfr. 4’700.–, ce qui ne laisse plus qu’un capital approchant les 21’000 francs. Le président Walter Müller s’est dit conscient de la nécessité d’entreprendre des actions cette année pour trouver de nouvelles ressources et de nouveaux membres, dans le but de renforcer la situation financière de l’association. L’ASJC, lors de son assemblée générale, a encore fait une minute de silence à la mémoire du Zurichois Georges Rimann, membre du comité de l’ASJC et rédacteur en chef du «forum», décédé en septembre dernier à l’âge de 57 ans.

L’assemblée a également remercié son secrétaire, Danilo de Simone, qui prend un nouveau départ professionnel cet été après 12 ans d’activités comme responsable administratif de l’agence de presse internationale catholique Apic, secrétaire de la Commission des médias de la Conférence des évêques suisses (CES), et secrétaire de la Ligue Catholique Suisse pour la Presse/Secrétariat de la presse catholique suisse. JB

Les finances de l’Eglise, un exposé de Pierre Regad

Invité à tenir le discours de fête de la 9e Fête des journalistes catholiques, le Genevois Pierre Regad, secrétaire général de l’Association catholique-romaine de Genève et vice-président de la Conférence centrale catholique-romaine de Suisse (RKZ), a regretté que les médias parlent trop souvent des structures de l’Eglise, de ses travers et de ses scandales, et rarement, en tout cas pas assez, de sa vie quotidienne en Suisse ou ailleurs dans le monde.

Abordant la question des finances de l’Eglise, il a rappelé qu’en Suisse, avec 26 cantons, on se trouve en face de 26 systèmes différents. Dans les cantons du Tessin et du Valais, il n’existe par ex. aucune organisation ecclésiastique cantonale, même si les ordinariats de ces diocèses sont représentés à la Conférence centrale. Si dans le canton de Vaud, les Eglises reconnues émargent du budget de l’Etat (il n’y a pas d’impôt ecclésiastique), dans le cas des cantons de Neuchâtel et de Genève, l’Eglise et l’Etat sont séparés, même s’il existe des rapports de collaboration entre eux.

A Genève domine le «système français» de séparation Eglise-Etat. Si les relations sont bonnes et si l’on se sent totalement libres par rapport aux autorités, relève-t-il, cette situation a aussi des inconvénients: il faut se débrouiller par ses propres moyens pour trouver les revenus nécessaires au financement des salaires et autres frais de l’Eglise. On peut bien discuter pendant plus de 12 ans de l’introduction dans l’enseignement de cours de culture religieuse – pas de confessionnalisme, évidemment! – mais il ne se passe rien, le corps enseignant n’en veut pas.

De plus, sur les 190’000 catholiques du canton, ou 130’000 ménages, il n’y en a que 10’000 qui paient quelque chose et l’Etat ne peut de toute façon rien faire pour les y contraindre. Ce ne sont finalement que 3’000 personnes qui paient leur dû. Avec des charges de près de 8 millions de francs, dont 70% de charges salariales, l’Eglise a de ce fait mal à ses finances. Elle obtient de l’argent grâce à des quêtes, des dons, des souscriptions, des kermesses paroissiales, mais cela ne suffit évidemment pas.

Grâce aux actions publicitaires «décoiffantes» entreprises ces dernières années pour faire prendre conscience aux catholiques de ce problème lancinant, l’Eglise catholique romaine (ECR) a pu passer de 4,5 millions de recettes il y a 2 ans à 6,7 millions en 2004. Malgré des recettes régulières insuffisantes, l’ECR a pu compenser grâce des legs. «Mais il est dangereux de gérer des salaires avec des dons, qui chutent d’année en année», a mis en garde Pierre Regad. Et d’affirmer que l’ECR doit se donner les moyens de réveiller les consciences des fidèles «afin qu’ils ouvrent aussi leur porte-monnaie».

Pour cela, la campagne publicitaire de l’ECR veut «parler vrai», en utilisant des slogans chocs – dans la rue, sur les bus – , sans craindre de titiller voire de provoquer. Le but n’est pas seulement de faire rentrer de l’argent, affirme Pierre Regad, mais également de faire réagir les gens, de leur faire prendre conscience de leurs responsabilités de chrétiens. (apic/be)

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