Subventions insuffisantes et aggravations de la violence

Rome: Le Saint-Siège demande à l’Onu que l’on protège les réfugiés du Darfour

Rome, 15 mars 2005 (Apic) Le Saint-Siège tire la sonnette d’alarme devant l’Onu pour les réfugiés du Darfour. Et demande la création d’un système fiable pour la protection des réfugiés de ce pays d’Afrique. Il l’a fait lors de la session du comité exécutif du Haut commissariat pour les réfugiés, qui s’est tenu à Genève du 8 au 11 mars.

« Nous devons développer un système fiable qui protège efficacement les réfugiés du Darfour dans leur pays », a déclaré le 10 mars Mgr Fortunatus Nwachukwu, conseiller de la mission permanente du Saint-Siège auprès des organisations onusiennes à Genève, devant la Commission du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR). Le comité exécutif du Haut commissariat s’est tenu à Genève du 8 au 11 mars.

Le Saint-Siège « encourage le développement d’un système plus clair de responsabilités pour les personnes déplacées (IDP, Internally displaced persons) ». Les IDP se distinguent des autres réfugiés car ils ne quittent pas leur territoire national Ndlr). « La situation des réfugiés en Afrique reste une cicatrice profonde », a déclaré le diplomate. C’est pourquoi « la communauté internationale ne devrait pas retarder plus longuement une réponse qui se fait attendre », a-t-il affirmé.

Mgr Nwachukwu a évoqué en 2004, « le rapatriement volontaire et organisé de réfugiés », qui a permis de « normaliser la vie de dizaines de millier d’entre eux ». Mais, a-t-il mis en garde, « le processus entier est maintenant brouillé par les subventions insuffisantes et par l’aggravation de la violence de la population déplacée au Darfour (Soudan) où la situation humanitaire est critique ».

Crimes aussi abominables qu’un génocide

Le diplomate a dénoncé « les assauts systématiques contre des populations civiles, la destruction d’infrastructures et de villages entiers ainsi que l’élimination du bétail et la destruction des récoltes ». Ces violences amènent le déplacement fréquent des populations civiles. « La brutalité de ces assauts provoque des violations quotidiennes des droits de l’homme, a dénoncé Mgr Nwachukwu, ajoutant que « les femmes, particulièrement, sont exposées au viol et à d’autres formes de dégradation humaine ».

Les divers rapports de l’Onu sont tout à fait clairs et définissent ces violences comme des crimes contre l’humanité et/ou crimes de guerre, « non moins sérieux et abominables qu’un génocide », a-t-il rappelé. Pour Mgr Nwachukwu, « si une personne a de la chance, elle devient un réfugié en traversant la frontière et se retrouve dans un camp au Tchad, où une relative sécurité peut lui être données. « Si les individus et les familles ne passent pas, ils finissent par rejoindre l’un des plus grand camp de populations déplacées dans le monde, souvent à haut risque ». En effet, affirme-t-il, « les autorités soudanaises ne semblent pas capables ou en position de protéger les droits de leurs propres citoyens ».

1,6 millions de déplacés et réfugiés du Darfour, selon l’Onu

En proie à la guerre civile et à une grave crise humanitaire depuis février 2003, le Darfour compte aujourd’hui 1,6 million de réfugiés et de déplacés, selon l’Onu, et des dizaines de milliers de morts.

Depuis l’automne 2004, environ 1’900 soldats de l’Union africaine ont été déployés dans cette région du Soudan, sans réussir toutefois à faire respecter un accord de cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les rebelles de la région.

« Cet engagement dans la protection des droits humains exige des ressources humaines et financières plus grandes. Et, par-dessus tout, ajoute-t-il, une volonté politique pour intervenir et confisquer les armes des mains des agresseurs ». Il a cependant mis en garde: il faut agir vite, sous peine d’augmenter « le risque de voir encore plus de gens déracinés et abusés ».

Pour Mgr Nwachukwu, il est primordial « d’arrêter le trafic des armes dans le conflit, d’arrêter les individus responsables des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, de donner un nouvel espoir à l’Afrique et à tous les réfugiés ». (apic/imedia/ms/vb)

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