Grande-Bretagne: Avortement, les catholiques appelés à soutenir les conservateurs
Londres, 15 mars 2005 (Apic) Le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, chef de l’Eglise catholique romaine d’Angleterre et du Pays de Galles, a rompu la tradition en appelant les catholiques à soutenir les conservateurs qui veulent réduire la limite légale en matière d’avortement. Traditionnellement, les catholiques britanniques étaient plutôt favorables aux travaillistes.
Dans sa lettre aux catholiques en vue des élections générales prévues début mai prochain, l’archevêque de Westminster a déclaré qu’il n’était «pas si sûr» que le «Labour party» soutenait encore la classe ouvrière. Il a loué le leader conservateur Michael Howard, qui s’est déclaré en faveur de la réduction du délai légal en matière d’avortement de 24 à 20 semaines de grossesse.
L’Association pour le planning familial a déclaré pour sa part qu’une réduction des délais affecterait particulièrement les jeunes femmes, qui cherchent souvent de l’aide plus tardivement. Sur plus de 180’000 interruptions volontaires de grossesse l’an dernier en Angleterre et au Pays de Galles, moins de 1% ont été réalisées entre 22 et 24 semaines, affirme l’Association pour le planning familial.
Le cardinal Murphy-O’Connor a relevé que l’avortement, pour les catholiques, est un élément clé: «Nous y sommes totalement opposés». Et d’affirmer que la politique avancée par Michael Howard est à soutenir car elle montre la direction d’un abandon total de l’avortement. S’il veut une restriction de la loi actuelle, Howard s’est toutefois déclaré personnellement favorable à l’avortement. Le groupe anti-avortement «Pro- Life Alliance» a «félicité» Michael Howard pour sa nouvelle position, tout en signifiant qu’il n’allait pas assez loin.
Non au clonage d’embryons humains et à l’euthanasie
Le chef de l’Eglise catholique britannique a également réitéré le rejet de l’Eglise concernant le clonage d’embryons humains et l’euthanasie, mettant en garde contre les tentatives qui pourraient être faites par le prochain parlement de légaliser ce qu’on appelle le «mercy killing», ou «homicide par compassion».
Le chef de l’Eglise catholique britannique a déploré que l’on vive dans une société très utilitariste. Et de souligner que ce qui est utile n’est pas toujours ce qui est juste pour la société, «et parfois, c’est même tout faux».
Certes, la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles se défend de recommander à ses fidèles de voter pour un parti politique particulier, mais elle suggère aux électeurs d’examiner les candidats au sujet de leur attitude concernant la défense de la vie, le mariage, l’éducation, la justice criminelle, les réfugiés et les migrants, ainsi qu’à propos du bien commun global. «Comme évêques, nous n’allons pas suggérer aux gens de soutenir tel ou tel parti en particulier», a-t-il déclaré.
L’archevêque a rappelé que dans le passé, il y a eu une notion que les catholiques soutenaient davantage le «Labour party» parce qu’ils faisaient partie de la classe ouvrière, mais «maintenant je ne suis plus si sûr que ce sera toujours vrai aujourd’hui». Cette prise de position risque d’embarrasser Anthony Blair, qui accompagne régulièrement à la messe son épouse Cherie, une catholique pratiquante. Blair estime pour sa part que l’avortement ne devrait pas être un enjeu électoral, estimant qu’il s’agit d’un problème de conscience individuelle. (apic/guard/bbc/be)
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