Jérusalem : Le cardinal Tauran a représenté le pape à Yad Yashem

«Le nouveau musée est un avertissement, un témoin et un appel»

Rome, 18 mars 2005 (Apic) Le nouveau musée de l’histoire de l’Holocauste de Yad Vashem est «pour le monde entier, une mise en garde, un témoin et un appel». Tels ont été, le 16 mars, les propos du cardinal Jean-Louis Tauran, archiviste et bibliothécaire du Vatican, envoyé par Jean Paul II à Jérusalem pour représenter le Saint-Siège à l’inauguration du musée.

L’ancien secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats a prononcé son discours à Jérusalem à l’occasion de l’inauguration du musée de l’histoire de l’Holocauste de Yad Vashem. «En reconnaissant l’immensité de la souffrance des Juifs, nous nous trouvons face à l’obligation d’être vigilants, avec la nécessité de rejeter l’indifférence et le vide terrifiant d’un monde dans Dieu», a-t-il souligné.

«L’Eglise catholique, respectant l’unicité du judaïsme et restant liée par la foi à son héritage, enseigne qu’il n’y a pas de lieu ni de raison pour la haine des juifs. Cela serait un péché contre Dieu et l’humanité», a poursuivi le cardinal français, qui représentait le pape à Jérusalem. «J’ai le privilège de vous assurer de la proximité spirituelle de Jean Paul II, comme de la solidarité de l’Eglise catholique, dont certains représentants sont aussi présents avec nous aujourd’hui», a aussi confié le haut dignitaire devant les très nombreuses personnalités du monde entier présentes à l’inauguration. Parmi elles, le cardinal français Jean- Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris, invité à titre personnel.

«Une nouvelle fois, (.) Jean Paul II répète à ceux qui veulent l’entendre que, quand nous rappelons ’les crimes horribles commis contre la nation juive’ que représente l’holocauste, nous le faisons parce que ces terribles événements sont une sommation pour nos contemporains à la responsabilité, de façon à construire notre histoire», a encore déclaré le cardinal Tauran. Il reprenait les mots du discours prononcé par le pape devant les représentants de la communauté juive à Varsovie le 13 juin 1991, et du message pontifical du 15 janvier dernier, à l’occasion du 60e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz- Birkenau.

«Si le pire peut toujours venir du coeur de l’homme, de la même façon le bien peut toujours être également manifesté», a ensuite estimé le cardinal Tauran. Avant de conclure en expliquant que telle était «la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui».

Faire réfléchir aux possibilités de dérive

Interrogé par Radio Vatican sur le phénomène de regain de l’antisémitisme, le cardinal Tauran, de retour à Rome, a par ailleurs affirmé le 17 mars: «Si on pense aux synagogues attaquées et brûlées en France, nous ne pouvons pas ne pas voir des signes très préoccupants». «Mais un musée comme celui de la Shoah à Jérusalem a justement une valeur pédagogique. Comme le thème choisi pour la cérémonie le manifestait, il s’agit de se rappeler du passé pour édifier le futur». «C’est donc une leçon pour les générations futures, (.) une occasion pour faire réfléchir les jeunes sur ces possibilités de dérive», a-t-il souligné. «Nous ne devons jamais oublier que l’homme peut quelquefois arriver à un niveau d’inhumanité», a-t-il déclaré, insistant sur «le devoir de mémoire permettant de se rappeler pour devenir meilleur».

Le mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dédié à la mémoire des millions de Juifs d’Europe exterminés par les nazis, a inauguré son nouveau musée le 15 mars devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement. Yad Vashem, officiellement désigné comme mémorial de l’Holocauste et des Héros, a été créé en 1953 pour «marquer le lien entre les victimes et le nouvel Etat d’Israël», avait déclaré l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège Oded Ben Hur à l’Apic le même jour.

Pour le diplomate israélien, la présence du cardinal Tauran à cette inauguration est un signe «significatif et important de proximité», car le cardinal français représentait «toute l’Eglise catholique» en plus du pape. En Israël, l’inauguration du nouveau musée du mémorial est présentée comme l’événement international le plus important depuis les funérailles du premier ministre Yitzhak Rabin en novembre 1995. L’ambassadeur a en outre souligné que l’inauguration du nouveau musée coïncidait aussi avec le 40e anniversaire de la Constitution conciliaire Nostra Aetate, condamnant l’antisémitisme et la notion de peuple déicide. Dans cette perspective, le diplomate a tenu à rappeler le rôle majeur de Jean Paul II dans ce dialogue avec le monde juif. (apic/imedia/ar/bb)

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