Les Etats-Unis et l’Onu montent en première ligne

Afrique: Lutte contre le trafic et la traite des enfants et des femmes

Dakar, 20 mars 2005 (Apic) Les Etats-Unis ont exprimé leur volonté de mettre en place un centre pour coordonner les informations sur la traite des femmes et des enfants en Afrique. Il permettra de mieux lutter contre ce phénomène qui se développe de manière inquiétante dans les parties occidentale et centrale du continent.

Un communiqué du gouvernement américain publié à Dakar a précisé que chaque année, 600’000 femmes et enfants sont vendus comme esclaves. Victimes d’un trafic international à grande échelle, ils sont placés auprès de riches qui les utilisent comme main d’oeuvre corvéable à merci. En Afrique centrale et australe, des pays tels que la République Démocratique du Congo, le Lesotho, le Mozambique, le Malawi, l’Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie et la Zambie sont considérés comme des pays «sources». C’est-à- dire de provenance des femmes et enfants esclaves. En Afrique occidientale, Le Bénin et le Togo sont considérés comme les principales filières.

Pour des lois plus rigoureuses

«Il faut que l’Afrique adopte des lois plus rigoureuses pour lutter contre la traite des femmes et des enfants qui sévit tant à l’intérieur qu’à partir de ce continent, ainsi que des lois plus appropriées en ce qui concerne le travail des enfants’’, a préconisé Shirley Barnes, ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Madagascar. Elle intervenait devant la sous- commission du département américain chargé de l’Afrique. Selon elle, «on ne s’est guère penché sur le problème de la traite des femmes et des enfants en Afrique et, en conséquence, moins de programmes ont été mis sur pied afin de mettre un terme à ce genre d’activités et d’aider les victimes».

4 millions de femmes et de filles vendues

Par ailleurs, l’Onu a réclamé, la semaine dernière, des mesures rigoureuses pour éliminer le trafic des enfants et des femmes en Afrique. A l’issue des travaux de la 49e session de la Commission de la Condition de la Femme, les états membres de l’organisation se sont engagés à prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer toute forme d’exploitation des femmes et des filles. Selon des études publiées lors de cette session, quatre millions de femmes et de petites filles sont achetées et vendues dans le monde pour prostitution forcée, esclavage ou mariage forcé.

En Afrique occidentale et centrale, le phénomène a aussi été décrié par les instances onusiennes. Elles ajoutent que le plus grand nombre des enfants sont utilisés principalement pour le travail domestique mais aussi pour l’exploitation sexuelle. Aussi, les données relèvent que près de 90% des «ouvrières trafiquées» sont des petites filles.

Face à cette situation, la Commission a demandé unanimement aux Etats de combattre les causes profondes du trafic, notamment la pauvreté et l’inégalité des sexes, ainsi que les facteurs externes liés aux mariages forcés et au travail forcé dans certains pays. La résolution a été adoptée sans vote. Elle oblige les Etats à ériger en crime la traite humaine, en particulier celle des femmes et des filles. (apic/ibc/bb)

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