Rome: Pas de problème pour le gouvernement de l’Eglise, pour le vicaire de Rome

«Le souverain pontife continue à diriger»

Rome, 23 mars 2005 (Apic) Pour le vicaire du diocèse de Rome, le cardinal Camillo Ruini, les fragiles conditions physiques du pape ne sont pas un problème pour le gouvernement de l’Eglise. C’est ce qu’il a déclaré dans l’hebdomadaire italien Famiglia cristiana du 23 mars.

Le président de la Conférence épiscopale italienne s’exprimait à l’occasion de la sortie de son livre intitulé «Nouveaux signes des temps», qui sera en vente en Italie à partir du 29 mars prochain. L’occasion pour le cardinal Ruini de s’exprimer aussi sur des sujets comme l’identité chrétienne de l’Italie et le prochain référendum italien sur la procréation assistée. Selon le cardinal Ruini, les fragiles conditions physiques du pape ne posent pas de problème pour le gouvernement central de l’Eglise catholique. «Les conditions physiques peuvent être fragiles, mais les conditions mentales sont absolument bonnes, et donc le souverain pontife continue à accomplir les actes du gouvernement, à assumer les grandes décisions, comme il l’a toujours fait», a-t-il déclaré.

Pour le vicaire du diocèse de Rome, «un grand message est venu des deux récentes hospitalisations du souverain pontife, le message de l’accueil de la souffrance et de la capacité de la vivre en union avec le Christ comme chemin fondamental de salut». Il a rappelé que, cette année, dans sa Lettre aux prêtres pour le jeudi saint, «le pape fait référence non seulement à sa souffrance personnelle, mais aussi au fait que le prêtre, célébrant l’Eucharistie dans la personne du Christ, doit savoir s’offrir aussi». «Je crois que le don le plus précieux est justement la sereine acceptation des épreuves que le Seigneur nous envoie», a-t-il déclaré.

Identité chrétienne brandie pour contrer l’immigration

Interrogé sur l’identité chrétienne de l’Italie, brandie dans quelques milieux culturels et politiques pour contrer l’immigration, le cardinal Ruini a déclaré que «dans ce domaine, l’attitude fondamentale» doit être «positive». «L’immigré est avant tout une personne, et donc on en respecte les droits et on crée les conditions pour son intégration dans la société», a-t-il affirmé. Mais «à celui qui vient chez nous, il est juste de demander le respect des règles de notre vie commune». Par ailleurs, pour lui, «l’attitude de celui qui, par respect des immigrés, voudrait abolir les signes publics de notre tradition religieuse n’est pas juste». «Un plus grand pluralisme religieux dans notre société n’implique pas que les expressions chrétiennes doivent être supprimées», a-t-il déclaré, ajoutant que «dans cette logique, on pourrait arriver à l’abolition du dimanche».

S’exprimant enfin sur le prochain référendum italien visant à modifier la loi sur la procréation assistée, le vicaire du diocèse de Rome a précisé que les indications de vote sont destinées à «tous les électeurs, pas seulement aux catholiques». Il a précisé que l’Eglise n’avait pas été la seule à donner des indications de vote, citant les partis, groupes sociaux et culturels ou encore les journaux qui avaient fait de même. «Que l’Eglise puisse donner des indications concrètes sur les comportements publics, quand des valeurs très importantes sont en jeu, n’est pas un fait nouveau: elle l’a toujours fait», a-t-il poursuivi. Il a ajouté que «l’indication de la non-participation au vote» leur a semblé «essentielle pour atteindre sérieusement un résultat».

Les Italiens devraient être consultés dans les prochains mois sur quatre aspects les plus controversés de la loi italienne sur la procréation médicalement assistée, soit l’interdiction de l’expérimentation sur les embryons, l’interdiction de la création de plus de trois embryons pour une fécondation in vitro, l’interdiction au recours à un donneur extérieur au couple, et l’article 1er concernant les droits de l’embryon. En janvier dernier, le cardinal Ruini avait déjà appelé les électeurs italiens à l’abstention. (apic/imedia/ms/bb)

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