Vers l’indépendance du Sud Soudan

Sud Soudan: Les responsables religieux se sentent écartés de la nouvelle Constitution

Rumbek, 24 mars (2005) Des responsables d’Eglises du Sud-Soudan ont exprimé leur préoccupation, car ils craignent d’être laissés à l’écart du processus d’élaboration d’une Constitution pour la région, après une guerre civile de 21 ans.

Dans le processus d’instauration d’une Constitution pour la région du Sud Soudan, après une guerre civile de 21 ans, les responsables religieux veulent être partie prenante. « Nous ne pouvons attendre de voir comment cela se passera. Nous voudrions participer au processus de paix, de reconstruction et de réconciliation », a déclaré l’évêque catholique romain Joseph Abangite Gasi du diocèse de Yambio, à une délégation de leaders religieux africains en visite au Sud-Soudan du 14 au 19 mars.

Selon un accord de paix négocié en janvier entre le gouvernement majoritairement arabe de Khartoum et les rebelles du Sud – pour la plupart des chrétiens noirs ou des adeptes de religions traditionnelles africaines – le Sud-Soudan devrait devenir une région autonome en juin avec Rumbek pour capitale. Dans six ans, après un référendum, la région pourrait devenir un pays indépendant.

Alors que le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), qui a lutté pour obtenir l’autonomie, est en train de rédiger une nouvelle Constitution et a diffusé un projet, les responsables religieux se demandent pourquoi ils n’ont pas reçu de copies.

Des évêques catholiques soudanais ont, depuis, écrit à John Garang, le leader du SPLM, demandant à participer au processus de reconstruction, et en particulier à l’élaboration des lois. « Nous voulons que les droits religieux soient sauvegardés dans la législation, afin qu’une guerre civile ne se reproduise pas », a déclaré l’évêque.

Les Eglises veulent être impliquées

Les chefs religieux craignent que l’accord de paix ne se termine comme l’accord de 1972 qui visait à mettre fin à une précédente guerre civile, mais qui a échoué dix ans plus tard.

« Nous ne voulons pas répéter la même erreur. Les Eglises et les groupes religieux doivent être plus impliqués », a demandé le pasteur presbytérien Samuel Ador, qui dirige le département Eglise et société du Conseil des Eglises du Soudan.

L’un des membres de la délégation de visiteurs, l’évêque anglican à la retraite, Macleord Ochola, de Kitgum, dans le nord de l’Ouganda, a exhorté John Garang à assurer la participation de tous les groupes au processus politique.

Promesse

« L’un des buts de notre visite est de vous demander de faire en sorte que tous soient inclus, même ceux qui s’opposent à vous. C’est votre responsabilité de les amener à travailler ensemble », a dit l’évêque à John Garang au siège du SPLM près de la frontière avec le Kenya.

Dans sa réponse, John Garang, qui a promis la liberté religieuse, a toutefois fait remarquer que la guerre civile avait eu des implications religieuses, tout en admettant que le problème était plus complexe. (eni/apic/vb)

Genève: Parution de la revue « Choisir » d’avril

La revue des jésuites entièrement consacrée à T. de Chardin

Genève, 24 mars 2005 (Apic) Le numéro d’avril de la revue des jésuites Choisir consacre toutes ses pages au cinquantenaire de la mort du Père Pierre Teilhard de Chardin. Choisir veut rendre hommage à l’oeuvre et à la personne du grand jésuite, auteur d’une vaste vision évolutive du monde.

Il y a cinquante ans, le 10 avril 1955, mourait le jésuite et paléontologue français Pierre Teilhard de Chardin. La revue des jésuites Choisir rend hommage à cet homme, connu par sa vision évolutive du monde. Un monde comme un Tout orienté vers Dieu et où se révèle la présence du Christ: Teilhard a réussi à mettre en accord sa foi en Dieu et sa foi au monde. Si Choisir consacre un numéro spécial à ce grand penseur, c’est pour « sa réponse à la question du sens de la Création et de la place de l’Homme dans l’Univers ». Sa démarche peut « aider notre société à garder confiance dans l’avenir, malgré une réalité souvent douloureuse (génocides, catastrophes naturelles.) ».

Ce visionnaire fut à l’époque censuré par l’Eglise, rappelle la revue des jésuites. Il lui a voué malgré tout une inébranlable fidélité, animé par la confiance en la force de la vérité, tout en préservant la volonté de témoigner de ses convictions personnelles. Chez lui, rien n’était pensé et écrit qui ne fut expérimenté par les sciences ou par sa vie intérieure. A l’heure où le divorce entre la science et la foi semblait irrémédiablement consommé, Teilhard de Chardin ouvrait donc une voie de réconciliation.

Choisir propose les analyses et les témoignages de spécialistes reconnus de Teilhard: Pierre Emonet, jésuite, rédacteur en chef, Richard Brüchsel, jésuite, théologien suisse et spécialiste reconnu de Teilhard de Chardin, dont l’Apic a publié l’un des textes dans son édition du 22 mars.

On notera aussi la contribution de Mathias Trennert-Helwig, prêtre, auteur d’une thèse sur l’amour chez Teilhard de Chardin, de Mgr André Dupleix, secrétaire de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat de Paris, de Georges Ordonnaud, président de l’Association des amis de Pierre Teilhard de Chardin, d’Ursula King, professeur au Département de théologie et d’études des religions de l’Université de Bristol, de Fabio Mantovani, membre de la Fondation italo-russe pour le dialogue interculturel théologique, philosophique et scientifique, d’Anne Dambricourt Malasse, paléo-anthropologue, chargée de recherche au Centre national français de la recherche scientifique. Et enfin, Choisir donne la parole à une jeune fille, qui dit ce qu’est pour elle la pensée de Teilhard, Elodie Paillard, étudiante à la Faculté des Lettres de Genève. (apic/com/vb)

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