Elles n’avaient pas de visa: la loi, rien que la loi

Suisse: Deux religieuses reconduites manu militari à la frontière française

Fribourg, 29 mars 2005 (Apic) Deux religieuses africaines en visite en Suisse ont été expulsées du territoire. Les deux soeurs, qui devaient se rendre dans un couvent dans le canton de Fribourg pour quelque temps, ne disposaient pas du visa nécessaire, révèle mardi le quotidien «La Liberté.

Les religieuses, qui vivent dans un couvent du Jura français, se rendaient en Savoie. Avant, elles avaient prévu de rester quelques mois dans un lieu d’accueil de leur ordre, dans le canton de Fribourg. Les sources que citent le quotidien fribourgeois ont tenu à demeurer discrètes sur l’identité, le pays et le nom de l’ordre auquel appartiennent les religieuses en question.

L’arrestation, puis l’expulsion de ces deux soeurs tiennent du rocambolesque. Sous la conduite de leur Mère supérieure, qui jouaient ce jour-là le rôle de chauffeur, les deux religieuses traversent la frontière franco-suisse près de Neuchâtel. Pas de problème jusque là. C’était toutefois sans compter avec la nouvelle loi en Suisse sur le 0,5 pour mille, en d’autres termes le taux d’alcoolémie désormais admis au volant.

Sans problème à la douane, les trois religieuses seront arrêtées dans le cadre d’un contrôle policier dans le canton de Berne. «On s’en doute, peut-on lire dans «La Liberté», les soeurs n’ont pas eu de soucis» au niveau du 0,5. Mais c’était sans compter sur un gendarme, que rien n’allait arrêter, même pas des religieuses. Le gendarme poussera l’investigation jusqu’à demander les papiers des occupantes, cela sans doute pour contenter le conseiller fédéral Blocher, qui est aux requérants d’asile ce que la pluie est aux vacanciers l’été.

Damnation: les deux religieuses africaines, n’avaient pas de visa. «Suivez-moi», leur lancera alors notre justicier, insensible aux prières de la Mère Supérieure. La loi, rien que la loi. Punkt. Embarquées manu militari dans la voiture de la police, les deux soeurs furent reconduites à la frontière dans le véhicule des agents, avec la Mère Supérieure à leurs trousses.

A l’avenir, les deux religieuses devront contourner le «havre de paix» et d’»hospitalité» qu’est la Suisse, pour rejoindre la Savoie. Cela, sous peine d’être condamnées à six mois de prison. Et à 10’000 francs d’amende. Pour remplir les caisses l’Etat, aussi vides que certaines décisions? (apic/lib/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/suisse-deux-religieuses-reconduites-manu-militari-a-la-frontiere-francaise/