Ali Agca « affirme » avoir été aidé par des prêtres et des cardinaux
Rome, 31 mars 2005 (Apic) Le Turc Ali Agca affirme avoir été aidé par des prêtres et des cardinaux du Vatican pour l’attentat contre Jean Paul II, le 13 mai 1981.
Le feuilleton Ali Agca rebondit en Italie, comme il le fait généralement depuis des années lorsque revient le printemps. Cette fois, c’est au tour de « La Repubblica » de reprendre les propos du personnage. Qui affirme avoir été aidé par des prêtres et cardinaux au Vatican, dans un entretien publié le 31 mars 2005
Ces déclarations « surprenantes » interviennent après l’annonce, par le gouvernement bulgare, de la prochaine communication d’archives concernant l’attentat et impliquant largement les services soviétiques de renseignements, le KGB.
« Sans l’aide de prêtres et de cardinaux, je n’aurais pas pu accomplir ce geste », a déclaré Mehmet Ali Agca, interrogé par « La Repubblica » dans la prison turque de Kartal Maltepe, à Istambul. « Vraiment, le Diable est à l’intérieur du Vatican », a-t-il aussi lancé. Mais Ali Agca a refusé d’être plus explicite, annonçant la prochaine sortie d’un livre de révélations, « ça suffit, j’écrirai tout dans mon livre ».
Sur l’organisation de l’attentat, celui qui tira sur le pape en mai 1981, dans des termes un peu exaltés, a simplement déclaré que « l’attentat a été décidé par le Dieu très saint ». De façon contradictoire avec ses accusations contre des prélats de la curie, Ali Agca a aussi affirmé que « personne au monde n’était au courant de cet attentat ».
« Je me souviens parfaitement, a ajouté le Turc, à la dernière minute, j’avais renoncé, j’étais décidé à aller à la gare de Termini pour rentrer à Zurich avec le train de 20h et vivre en paix ». Et d’ajouter que, « au dernier moment, s’est passé un miracle, je suis revenu subitement sur mes pas et je lui ai tiré dessus » (sur le pape, ndlr).
L’affaire Orlandi
« Pourquoi la CIA et les services secrets italiens ne révèlent pas tout sur l’affaire Orlandi? », s’interroge encore l’homme de sa prison. Ali Agca a ensuite accusé le Vatican d’avoir organisé l’enlèvement de la jeune Emanuela Orlandi en 1983.
Emanuela Orlandi, une jeune fille d’une quinzaine d’années dont le père travaillait auprès du pape, a disparu le 22 juin 1983. Le mystère demeure sur cette disparition après laquelle des organisations terroristes avaient demandé la libération d’Ali Agca. En décembre 1997, la justice italienne avait mis fin aux recherches concernant l’enlèvement de la jeune fille, estimant qu’aucun lien ne pouvait être établi entre cette disparition et l’attentat contre le pape. Mais des versions plus ou moins fantaisistes évoquent un lien entre les deux affaires et une troisième, la mort, le 4 mai 1998, du commandant de la Garde suisse Aloïs Esterman, de sa femme et du caporal Cedric Tornay. (apic/imedia/pr)
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