Pour la vénération des fidèles

Rome: Le corps de Jean Paul II translaté le 4 avril dans la basilique Saint- Pierre

Rome, 4 avril 2005 (Apic) Après avoir été exposé dimanche 3 avril dans la salle Clémentine du palais apostolique, le corps de Jean Paul II doit être translaté dans la basilique Saint-Pierre pour la vénération des fidèles lundi après-midi.

A 12h30 dimanche, le cardinal camerlingue Eduardo Martinez Somalo a présidé une célébration marquant le début de l’hommage que les membres de la curie romaine, les autorités politiques et le corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège rendent à la dépouille de Jean Paul II. Ce rituel s’est poursuivi jusque dans l’après-midi du lundi.

Le rite de la constatation de la mort de Jean Paul II, selon la Constitution apostolique «Universi Dominici gregis», a eu lieu dans la matinée du 3 avril 2005. Le cardinal Eduardo Martinez Somalo, camerlingue, Mgr Paolo Sardi, vice-camerlingue et Mgr Piero Marini, maître des célébrations liturgiques, se sont rendus dans l’appartement du pontife avec le docteur Renato Buzzonetti, le médecin personnel du pape. Suivant le rite «Ordo Exsequiarum Romani Pontifici», ils ont procédé à la constatation de la mort. Le chancelier secrétaire de la chambre apostolique, Enrico Serafini, a rédigé l’acte authentique de la mort, annexé au certificat médical du docteur Buzzonetti.

«Je certifie que Sa Sainteté Jean Paul II (Karol Wojtyla) né à Wadowice (Cracovie, Pologne) le 18 mai 1920, résidant et citoyen dans la Cité du Vatican, est mort à 21h37 le 2 avril 2005, dans ses appartements du palais apostolique du Vatican (Cité du Vatican)», indique le certificat signé par Renato Buzzonetti, chef de la direction de santé et d’hygiène de l’Etat de la Cité du Vatican.

Décès à la suite d’un choc septique

Le pape est mort «à la suite d’un choc septique et d’une insuffisance cardiaque irréversible», a précisé le médecin dans son certificat. Le patient souffrait de nombreux problèmes de santé, parmi lesquels «la maladie de Parkinson» et «des épisodes d’insuffisance respiratoire ayant entraîné une trachéotomie», a-t-il poursuivi. Le décès a été confirmé par le biais d’un électrocardiogramme qui a duré plus de 20 minutes. «Je déclare que les causes du décès sont, en mon âme et conscience, celles susmentionnées», a conclu Renato Buzzonetti. C’est ce même médecin qui avait signé le certificat de décès de Jean Paul Ier en 1978.

Les fenêtres de la chambre du pape ont alors été fermées et les scellés ont été posés. Le corps a ensuite été translaté dans la salle Clémentine du 2e étage du palais apostolique, dont les volets extérieurs ont également été fermés. A l’issue de la messe célébrée place Saint-Pierre à la mémoire de Jean Paul II, les cardinaux de la curie ont afflué dans la salle Clémentine du Palais apostolique. Y étaient déjà rassemblés en prière, des membres de la famille pontificale, dont Mgr Stanislas Dziwicz, le secrétaire particulier du souverain pontife, Mgr Piero Marini, le maître des célébrations liturgiques, et quatre religieuses polonaises qui servaient Jean Paul II depuis 1978, ainsi que quelques cardinaux et officiels de la curie romaine.

La salle Clémentine s’est peu à peu emplie de cardinaux, évêques, prélats et membres de la curie romaine, de personnalités politiques italiennes, dont le président de la République Carlo Azeglio Ciampi, son épouse Franca et le président du Conseil Silvio Berlusconi, de diplomates, parmi lesquels l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, Pierre Morel, son épouse et quelques journalistes.

Sur un lit incliné, de couleur marron clair, le corps de Jean Paul II était exposé. La tête surmontée d’une mitre blanche et posée sur trois coussins, le pape mort était habillé d’une aube blanche, revêtu d’une chasuble en velours couleur pourpre bordée d’un liseré d’or. Le visage serein mais marqué par la souffrance endurée, le souverain pontife avait les mains jointes, autour desquelles était enroulé un chapelet. Jean Paul II portait aussi le pallium, cette écharpe de soie blanche aux croix noires, une bague à son petit doigt, et sa croix pastorale en argent était posée à sa droite. Un reposoir maintenait le corps du pape chaussé de ses habituelles petites chaussures rouges.

A la droite du petit catafalque avait été approchée une grande croix noire sur pied avec un Christ d’ivoire et à sa gauche un cierge pascal a été allumé. Deux gardes suisses veillent le pape en permanence. Les cardinaux, recueillis, l’air triste et solidaire, se sont installés sur les bancs de part et d’autre du corps, mais éloignés de lui d’un mètre ou deux.

Parmi la trentaine de «princes de l’Eglise» vêtus de rouge, on pouvait reconnaître les cardinaux Ignace Moussa I Daoud, Edmund Casimir Szoka, Roger Michael Mahony, archevêque de Los Angeles arrivé le 2 avril à Rome, Francis Arinze, Alfonso Lopez Trujillo, Marian Jaworski, archevêque de Lviv des latins (Ukraine), Javier Lozano Barragan, Julian Herranz, José Saraiva Martins, Renato Martino, Stephen Fumio Hamao, Joseph Ratzinger, Angelo Sodano, Jean-Louis Tauran, Bernard Francis Law. Parmi les évêques, Mgr Giovanni Lajolo, le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat de la Cité du Vatican.

Vers 12h30 a été distribué «le livret de la première station du rite des obsèques du souverain pontife, qui est dite dans la Maison du souverain pontife». Il s’agit du premier acte liturgique des obsèques pontificales. Vêtu d’une écharpe rouge, le cardinal camerlingue Eduardo Martinez Somalo a alors présidé à la cérémonie, récitée en latin. Un choeur de quelques personnes entonnait les psalmodies en grégorien dans l’angle de la pièce.

«Dieu, Père de miséricorde, qui as donné la lumière de la foi quand il vivait sur terre à ton serviteur notre pape Jean Paul II, porte ton regard sur lui qui vient à ta rencontre avec une lampe allumée, et admets- le avec tous les saints dans la béatitude de la lumière éternelle», a demandé le cardinal Somalo. Le camerlingue a aussi procédé aux rites de la lumière, en allumant le cierge pascal qui avait été porté à la droite de Jean Paul II. Il a aussi aspergé d’eau bénite le corps du défunt. Le 3 avril était le jour du dimanche ’in albis’ et de la fête de la Miséricorde divine.

«Nous avons été enterrés avec le Christ dans le baptême pour ressusciter avec lui. Aspergeons le corps de notre pape Jean Paul II, rendons grâce à Dieu qui l’a régénéré à une vie nouvelle en Christ dans l’Esprit saint. Et prions pour qu’il contemple face à face pour l’éternité le Père de la Miséricorde». A la fin du rite, les personnes venues rendre hommage au pape, se sont une à une approchées de son corps, protégé par un cordon rouge et deux gardes suisses les empêchant de le toucher.

Les personnalités politiques et diplomatiques ont salué Mgr Dziwicz qui avait les larmes aux yeux. Dans un geste tendre, manifestant une souffrance partagée, le président Ciampi a serré l’évêque polonais dans une longue accolade. Puis, les officiels ont quitté la salle petit à petit, pour laisser la place à d’autres membres de la curie romaine, employés du Vatican, ou autres autorités. Les visites se sont succédées nombreuses, jusqu’à 16h, pour reprendre lundi de 9h à 16h. A 17h, le corps du pape devait être translaté dans la Basilique Saint-Pierre pour la vénération des fidèles.

Fermeture des Musées du Vatican en signe de deuil

En outre, ce lundi 4 avril, les Musées du Vatican et les Bureaux du Gouvernorat de l’Etat de la Cité du Vatican resteront fermés en signe de deuil. De même, le président Ciampi a décrété trois jours de deuil national en Italie. De source vaticane, les funérailles de Jean Paul II devraient avoir lieu vendredi prochain, 8 avril, soit le 6e jour après sa mort. IMEDIA/JB

Encadré

L’annonce publique de la mort

La nouvelle de la mort de Jean Paul II a été annoncée publiquement par le Vatican le 2 avril 2005, vers 22h. Contrairement à l’usage – c’est au cardinal vicaire de Rome que revient la charge d’annoncer la mort de l’évêque de Rome – c’est le substitut de la Secrétairerie d’Etat Mgr Leonardo Sandri qui a rendu publique la nouvelle. Le cardinal vicaire Camillo Ruini a cependant rédigé dans la soirée du samedi 2 avril la notification spéciale prescrite par la Constitution apostolique «Universi Dominici gregis», pour donner la nouvelle de la disparition de son évêque au peuple romain. En voici le texte complet:

«Notification au peuple romain. Aujourd’hui, samedi 2 avril 2005, à 21h37 dans les premières vêpres de la fête de la Divine miséricorde, le Seigneur a appelé à lui l’âme bénie du Saint-Père Jean Paul II. Nous nous recueillons en prière pour lui, qui nous a tant aimés, afin que le Seigneur l’accueille dans sa plénitude de vie éternelle. Remercions le Seigneur de nous avoir donné un pasteur selon son coeur, témoin de Jésus Christ par la vie et la parole, qui a parcouru la voie qui conduit du Christ à l’homme avec un courage infatigable. Nous savons que ce grand Père ne nous a pas abandonnés et nous nous confions à son intercession, pour maintenir intègre et vif parmi nous son héritage précieux de foi et d’amour. La Vierge Marie, à qui Jean Paul II a consacré toute sa vie, le serre dans ses bras de Mère et protège le peuple de Rome, le 2 avril 2005.» (apic/imedia/ar/be)

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