Etats-Unis: De plus en plus de pharmaciens refusent de vendre des contraceptifs
Washington, 11 avril 2005 (Apic) De plus en plus de pharmaciens américains, dans différents Etats, refusent aux patientes de leur fournir des contraceptifs, et particulièrement la pilule du lendemain. Les Etats légifèrent dans des sens opposés, selon leur sensibilité éthique.
Un nombre croissant de pharmaciens aux Etats-Unis refusent de fournir des moyens contraceptifs et en particulier la pilule du lendemain, parce qu’ils estiment que cela va à l’encontre de leurs convictions religieuses et morales.
Cette situation a conduit certains Etats à légiférer, soit pour protéger le droit des femmes à obtenir des moyens contraceptifs soit pour soutenir le droit des pharmaciens à le refuser. Certains Etats ont déjà des lois permettant aux pharmaciens de refuser de fournir des moyens contraceptifs, y compris les pilules contraceptives, malgré l’ordonnance médicale.
En Arizona, la Chambre des Représentants a récemment approuvé une loi qui prendrait en compte une clause de conscience pour les pharmaciens qui ont quelque objection à délivrer des moyens de contrôle des naissances.
En Illinois, au contraire, le gouverneur Blogojevich a édicté un arrêté imposant aux pharmacies de son Etat de dispenser toutes les prescriptions demandées, immédiatement et sans poser de questions.
Selon Judy Waxman, du National Women’s Law Centre (Centre législatif féminin national), «une très petite et lourde minorité est en train d’empêcher les femmes d’obtenir leurs soins de santé de base». Dans le New Hampshire, à Laconia, une petite ville, un samedi soir, une jeune femme de 21 ans, Suzanne Richards, mère célibataire d’un fils de 3 ans, est entrée dans une pharmacie et s’est vue refuser la pilule du lendemain à cause des convictions religieuses du pharmacien. Il lui a dit qu’il ne délivrerait pas l’ordonnance car le contraceptif stopperait le processus de fertilisation de l’oeuf et que, selon ses croyances religieuses, «c’était mal».
Le nouveau «droit moral» des pharmaciens
Ce soir là toutes les autres pharmacies étaient fermées, ce qui laissait la jeune femme sans autre choix. «Humiliée et traumatisée, elle n’a pas osé aller chez un autre pharmacien le lendemain, laissant ainsi passer le délai de 72 heures au-delà duquel il est inutile de prendre une pilule du lendemain, qui resterait sans effet», a expliqué Judy Waxman.
Le débat divise la profession. Le pharmacien Pitt Philips, de Caroline du Nord, défend la décision des pharmaciens de refuser de fournir la pilule du lendemain. «Puisque les gens ont le droit d’obtenir ailleurs la prescription, moi en tant qu’individu, j’ai toujours mon propre droit de la refuser. Sinon, je causerai un avortement chimique et comme chrétien, je ne dois pas faire quelque chose qui détruise la vie».
Le Christian Legal Centre for Law and Religious freedom (Centre chrétien pour la loi et la liberté religieuse) croit qu’en aucun cas des employés du secteur de la santé doivent faire quoi que ce soit qui viole leur conscience.
Le débat entre les partisans du droit de la femme à un moyen contraceptif et celui du pharmacien de choisir quelles ordonnances fournir ou refuser s’intensifiera prochainement si la Food and Drug Aministration, la haute autorité en matière d’homologation de médicaments, approuve la vente de la pilule du lendemain sans prescription médicale, ce qui est dans l’air. (apic/bbcnews/vb)
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