Canada: La Conférence des évêques poursuit le combat contre le mariage gay
Ottawa, 14 avril 2005 (Apic) La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) poursuit le combat contre le mariage des homosexuels. A la suite du vote tenu en début de semaine à la Chambre des communes, la CECC s’oppose à une redéfinition du mariage. Elle estime que de nombreux élus, dont les membres du Cabinet libéral, n’ont pu voter selon leur conscience en raison des directives imposées par leur parti.
Les députés de la Chambre des communes ont voté contre une motion déposée par le Parti conservateur, mardi 12 avril, qui proposait de maintenir la définition traditionnelle du mariage. Cette motion visait à empêcher le gouvernement libéral minoritaire d’adopter son projet de loi qui autorise les mariages entre conjoints de même sexe. L’amendement a été rejeté par 164 voix contre 132.
La majorité des libéraux a rejeté la motion, de même que la quasi- totalité des députés du Bloc québécois et l’ensemble des députés néo- démocrates, tandis que la quasi-totalité des conservateurs a voté en faveur de l’amendement. Quelques députés libéraux se sont rangés du côté des conservateurs.
Le maintien de la définition traditionnelle du mariage a été maintes fois défendu par Mgr Brendan M. O’Brien, archevêque de St. John’s et président de la CECC. En février dernier, dans une lettre adressée au premier ministre Paul Martin, Mgr O’Brien affirmait que des lacunes dans le projet de loi C-38 pourraient mettre en péril la liberté de religion et de conscience.
Selon lui, sans entente avec les provinces et les territoires, de quelle manière peut-on s’assurer que les membres de groupes confessionnels puissent enseigner sur le mariage, de même que sur l’homosexualité, conformément à leur conscience et leurs croyances religieuses?
Les lieux sacrés ou installations, appartenant ou étant loués par un organisme rattaché à un groupe confessionnel, peuvent-ils aussi être protégés contre toute utilisation obligatoire pour des cérémonies du mariage incompatibles avec leurs convictions religieuses, se demande-t-il. «
«Peut-on garantir, a ajouté Mgr O’Brien, que tous les officiers, tant civils que religieux, qui président des mariages dans chaque province ou territoire du Canada soient protégés contre l’obligation d’officier lorsqu’il s’agit de conditions inconciliables avec leur conscience et de leurs convictions religieuses?»
Une menace sur l’institution du mariage
Le président de la CECC souhaite pouvoir poursuivre le débat afin que ne soit pas modifiée irrémédiablement cette institution unique et irremplaçable née de l’alliance d’amour pour la vie entière entre un homme et une femme et qui représente une relation essentielle à la survie de la société. La Conférence épiscopale a d’ailleurs déposé une demande d’intervention auprès du Comité législatif chargé du projet de loi C-38. Rien n’indique pour le moment que ce groupe, mis sur pied pour étudier la proposition et entendre les Canadiens et les Canadiennes sur ce sujet, ouvre ses audiences aux personnes et organismes qui désirent s’exprimer sur la redéfinition du mariage, estime la CECC.
En dépit du débat initié par le gouvernement il y a plus de deux ans, la population canadienne est toujours extrêmement divisée sur la question de la redéfinition du mariage. Selon Mgr O’Brien, la reconnaissance du mariage de personnes de même sexe pourrait sérieusement compromettre le sens même de cette institution sociale puisque toutes les formes d’alliance entre adultes consentants pourront dorénavant être traitées sur un pied d’égalité. (apic/cecc/be)
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