L’étrange paradoxe des EU, qui accueillent un terroriste

ONU: Cuba condamné pour violation des droits de l’homme sous la pression américaine

Genève, 17 avril 2005 (Apic) Sous la pression des Etats-Unis, et avec la bénédiction de l’Union européenne, une énième résolution de condamnation a été présentée contre Cuba pour « violations des droits humains » au siège de l’ONU à Genève. Dans le même temps, Washington écarte les condamnations à son encontre pour les traitements infligés aux prisonniers à Guantanamo.

Paradoxe, l’administration Bush, presque au même moment, accordait aux Etats-Unis une mesure de « protection » – possible prélude à l’asile politique – à Luis Posada Carriles, pour avoir publiquement reconnu être le mandataire d’un attentat de 1976, contre un avion de la compagnie aérienne nationale cubaine, qui a provoqué la mort de 73 personnes.

Cette décision pourrait mettre à mal la crédibilité de Washington dans sa lutte contre le terrorisme, en accordant à l’un d’entre eux ce que les Etats-Unis combattent ailleurs dans le monde.

Fidel Castro a bien entendu saisi ce paradoxe américain, et formulé des paroles dures et claires à l’encontre de Posada Carriles – protégé jusqu’en août dernier par l’ex-président de Panama Mireya Moscoso et se trouvant depuis une vingtaine de jours à Miami, en Floride, capitale des réfugiés anti-Castro: « terroriste, criminel, assassin, monstre et bourreau ».

Le traitement accordé à Carriles et la nouvelle motion de l’ONU ne semblent pas tenir compte des petits pas en avant réalisés par Cuba, comme par exemple une libération lente mais progressive des membres du « Groupe des 75 », arrêtés et condamnés à des peines entre 15 et 27 ans de prison avec l’accusation d’avoir porté atteinte « à l’indépendance et à l’intégrité de l’Etat », en collaboration avec le responsable de la « Section intérêts » des Etats-Unis à La Havane, James Cason.

Deux poids deux mesures?

Cette motion ne tient pas compte non plus des croissants rapports d’affaire entre des sociétés américaines et le gouvernement cubain ni du dégel progressif entre La Havane et les pays de l’Union européenne et du crédit que Cuba bénéficie dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Ecrit pour sa part l’Agence missionnaire Misna à Rome. Après 42 ans de blocus économique toujours plus rigide, Washington – qui possède et gère dans une partie de l’île de Cuba la prison sous haute surveillance de Guantanamo, dans laquelle, selon des sources internationale, les prisonniers sont privés des droits humains les plus élémentaires – continue de soutenir que Cuba piétine les droits de l’Homme fondamentaux, sans s’interroger sur ses responsabilités historiques, politiques et économiques à l’égard d’une île si proche et pourtant si lointaine. « Pourquoi tout le monde oublie donc les atrocités perpétrées contre les droits humains dans les prisons américaines en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo? » se demandait vendredi Oscar González, ex-ambassadeur mexicain auprès des Nations Unies. (apic/misna/pr)

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