«Une immense déception»
Tübingen, 19 avril 2005 (Apic) Le théologien contestataire d’origine suisse Hans Küng s’est montré mardi 19 avril très critique face au nouveau pape. Il a estimé dan un communiqué que le choix porté par le Collège des cardinaux sur le cardinal Joseph Ratzinger est une " immense déception» pour les innombrables fidèles qui espéraient un pape pastoral et réformateur.
Mais on doit attendre, a déclaré le professeur de Tübingen: car l’expérience le montre, le service pétrinien dans l’Eglise catholique est un tel défi qu’il peut changer toute personne. Ainsi, note-t-il, celui qui était entré comme cardinal progressiste dans le conclave peut en ressortir comme pape conservateur, en mentionnant le cardinal Montini devenu Paul VI. A contrario, celui qui était entré comme cardinal conservateur (Roncalli) dans le conclave en est ressorti comme un pape progressiste sous le nom de Jean XXIII.
Il faut laisser «une chance» au nouveau Souverain pontife
Aux yeux du théologien critique, il faut laisser «une chance» au nouveau Souverain pontife. «Comme pour un président des Etats-Unis, il faut donner au nouveau pape un délai de grâce de cent jours pour apprendre», a-t- il lancé. Mais les premiers signaux seront très parlants: les nominations des fonctions les plus importantes de la curie, comme le cardinal secrétaire d’Etat et le chef de la Congrégation pour la doctrine de la foi, seront déterminantes pour la suite. De même que le discours d’inauguration du pontificat, qui donnera le ton, comme les premières encycliques.
Le nouveau pape devra garantir l’égalité de l’homme et de la femme à tous les niveaux de l’Eglise et promouvoir l’oecuménisme, a encore déclaré le théologien suspendu d’enseignement en 1979 par Jean Paul II.
Un autre contestataire, l’ex-prêtre et psychanalyste allemand Eugen Drewermann, interdit d’enseignement en 1991, «il est à craindre que Ratzinger continue à renforcer les divergences entre les Eglises dans le monde et en Allemagne». «Il faudrait pouvoir souhaiter que Ratzinger engage une réforme de la contre-réforme» qu’il a conduite sous le pontificat de Jean Paul II, a-t-il déclaré au journal «Neue Westfaelische».
«Ce qu’il faut à l’Eglise aujourd’hui est un authentique retour à la tradition, c’est un pape qui peut revenir à des approches légitimes de l’autorité de l’Eglise, qui ont été obscurcies par des interprétation extrêmes de la définition de l’infaillibilité et de la primauté du pape», affirme de son côté Paul Collins, un historien de l’Eglise australien qui a quitté la prêtrise après une enquête du Vatican sur son livre «Papal Power». (apic/com/eni/be)
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