Le consensus en sa faveur a crû dès la fin du 2e vote

Rome: Le cardinal Ratzinger a fait presque l’unanimité au conclave

Rome, 21 avril 2005 (Apic) Le cardinal Ratzinger a réuni sur son nom un nombre de voix bien supérieures au quorum. Le choix s’est manifesté clairement quand le conclave en a été à la troisième votation. Le quorum a alors été pratiquement effleuré, indique le quotidien italien la Repubblica du 21 avril.

Un crescendo continu a amené le cardinal Joseph Ratzinger au consensus final, et le quorum a été effleuré au 3è tour. Les cardinaux électeurs ne veulent et ne peuvent rien dire, rappelle la Repubblica, dans son édition du 21 avril, mais chacun admet, soit par le geste soit par la parole, que l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a été élu avec un nombre de voix « bien supérieures » au quorum nécessaire, fixé aux deux tiers des 115 électeurs, soit à 75.

Analysant ce « nombre de voix bien supérieures », le quotidien italien estime que les cardinaux électeurs se sont unis dans « une campagne pro Ratzinger, initiée par Jean Paul II lui-même, encore en vie, bien que fortement atteint dans sa santé ».

Dans le secret du conclave, il faut tenir compte aussi du rôle, probable, de l’archevêque émérite de Milan, le cardinal Carlo Maria Martini, écrit le quotidien. Qui pour des raisons de santé, aurait préféré décliner la possibilité d’être élu pape. Contribuant ainsi, analyse la Repubblica, a créer les conditions qui ont fait converger sur la tête de Mgr Ratzinger le nombre nécessaire de voix. Et également, suggère le quotidien, grâce à la pression exercée à l’intérieur du conclave pour convaincre l’aile progressiste.

Le premier cardinal à s’exprimer, au micro d’une radio toscane, Ennio Antonelli, disant qu’à l’intérieur de la chapelle Sixtine, où le conclave était rassemblé, il régnait un climat de grande fête, d’unité et de communion ». Ce fut « une élection rapide, et cela est assez parlant » a déclaré Mgr Ennio Antonelli.

Convergences?

Le climat d’ »unité et de communion » auquel il fait allusion pourrait être un signe, selon la Repubblica, montrant la convergence de vues entre les cardinaux Ratzinger et Martini, qui étaient considérés, avant que commence le conclave, comme ayant des vues pastorales différentes, mais unis par une connaissance l’un de l’autre de plusieurs dizaines d’années et par une profonde estime réciproque, qui n’exclut pas la confrontation entre leurs positions respectives.

Pour le cardinal de Vienne Christophe Schönborn « le nouveau pape a dit oui à sa nouvelle tâche de manière forte et décidée », précisant qu’ »il ne pouvait parler de ce qui s’était déroulé au conclave après la votation ».

Au cours d’une conférence de presse le lendemain de l’élection de Benoît XVI, il a ajouté que le cardinal Ratzinger était « heureux d’accepter cette charge, sans aucune réserve et il sait que jusqu’à la mort il portera le poids de cette mission », indiquant: « Ce n’est pas une personne froide comme beaucoup croient. Il est seulement quelqu’un de réservé. Quand on le connaît, on saisit très bien lorsqu’il est ému ».

Le cardinal a aussi ajouté: « Ce sera le pape de la paix, faisant allusion aux efforts de Benoît XV pour chercher la paix dans des conditions difficiles. VB

Encadré

Climat du conclave: réactions des cardinaux Poupard et Schönborn

Interrogé par la chaîne de télévision française KTO le 20 avril 2005, le cardinal français Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture a parlé du « climat de simplicité, de fraternité et de prière », du conclave. Décrivant le consensus atteint comme unique jusqu’alors.

A propos de la campagne de presse négative autour du cardinal Ratzinger, il a souligné que « l’Eglise ne vit pas de campagne de presse ». Le cardinal français a ajouté que le nouveau pape allait aller à Cologne pour les Journées mondiales de la jeunesse et que « les jeunes qui vont être réunis verront un pape s’exprimant abondamment dans la langue du pays ».

Sur la question du « conservatisme » du nouveau pape, il a répondu comme Jean Paul II le premier jour de son pontificat : « N’ayez pas peur ». Interrogé enfin sur ses impressions quant au discours de Benoît XVI à la fin de sa première messe, le 20 avril, le cardinal Poupard a avoué ne pas avoir tout compris. « Comme notre pape parle le latin comme une langue maternelle et que l’acoustique n’est pas parfaite, il faut attendre d’avoir le texte sous les mains pour pouvoir le commenter ».

Egalement Interrogé par la chaîne de télévision française KTO, le 20 avril 2005 au sujet de Benoît XVI, le cardinal autrichien Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, parle d’ »une des personnalités les plus belles qu’il ait jamais rencontrée ». Pleine de sagesse, d’humanité, d’intelligence, et d’une grande simplicité, a dit celui qui a « la chance de le connaître depuis maintenant 33 ans ».

S’arrêtant ensuite sur l’ambiance du conclave, le cardinal autrichien a affirmé que les cardinaux avaient « beaucoup prié », affirmant que déjà la semaine avant le conclave, les cardinaux du monde entier avaient commencé à « se parler et à se rencontrer ». Eux qui en ont si peu l’occasion.

Pour lui, ce ne sont pas les « sentiments », ni « l’opinion publique » qui ont primé. Le choix de Benoît XVI s’est vraiment fait « devant Dieu, devant le Christ ». « Nous sommes très heureux », a-t-il lancé.

(apic/repubblica/imedia/ms/vb)

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