Rome: Benoît XVI reçoit avec gaieté les pèlerins allemands

Racontant le conclave: « J’ai prié Dieu de m’épargner »

Rome, 25 avril 2005 (Apic) Suite à sa rencontre avec les délégations des différentes religions dans la matinée du 25 avril 2005, Benoît XVI a reçu en audience dans la Salle Paul VI du Vatican les pèlerins allemands venus pour la messe d’inauguration de son pontificat.

Benoît XVI a reçu en audience dans la Salle Paul VI du Vatican les pèlerins allemands venus pour la messe d’inauguration de son pontificat.

L’air heureux de se retrouver ’en famille’, il leur a adressé un discours chaleureux et plein d’humour, les invitant à être indulgents avec lui et leur donnant rendez-vous à Cologne en août prochain.

Benoît XVI est arrivé d’un pas déterminé dans la Salle Paul VI du Vatican, où plusieurs milliers de pèlerins allemands l’attendaient depuis un moment. L’audience était prévue pour 11h30 mais le pape est arrivé en retard. En attendant, les fidèles ont entonné des hymnes dans leur langue, agitant des drapeaux aux couleurs de leur pays ou de la Bavière, bleue et blanche – région d’origine du pape. Le souverain pontife, tout vêtu de blanc, est entré dans la salle sous les applaudissements des évêques, prêtres, religieux et religieuses, couples, jeunes et enfants rassemblés. Souriant, un peu intimidé, il a traversé la pièce en serrant des mains, certains lui baisant la main ou lui présentant des enfants qu’il bénissait parfois sur le front.

Le pape s’est rapidement dirigé vers l’estrade, ouvrant les bras et joignant les mains sous les applaudissements. Puis, entouré de Mgr Harvey, préfet de la Maison pontificale et du père Georg Gänswein, son secrétaire à la Congrégation pour la doctrine de la foi, il s’est assis dans son grand fauteuil blanc, et a commencé à lire son discours en allemand.

« D’abord, je vous prie de m’excuser pour le retard. Les Allemands sont connus pour leur ponctualité. Visiblement, je me suis déjà très italianisé », a lancé le pape, en plaisantant l’air détendu. Il a en fait expliqué que c’était à cause de la grande cordialité de la rencontre avec les représentants des autres religions, qu’il avait eue peu de temps auparavant.

« La guillotine s’approchait. »

Le pape a alors raconté son élection. Au fur et à mesure du déroulement des votes, le cardinal Ratzinger a compris que « la guillotine s’approchait » et le « visait », a-t-il confié. Il pensait pourtant que « l’oeuvre de sa vie était finie » et que « des années plus calmes » l’attendaient.

Alors il a prié Dieu de « l’épargner », lui disant qu’il y avait des candidats « plus jeunes, meilleurs », ayant « plus d’élan et de force », a expliqué le pape. « Ce qui m’a touché le coeur », c’est qu’un confrère du conclave m’a donné une petite lettre avec un passage de l’homélie de la messe des obsèques du bien-aimé Saint-Père Jean Paul II, a poursuivi le pape. La devise que j’avais choisie était: ’Si le Seigneur t’appelle, sois obéissant (.) Ne te renie pas’. Il m’a rappelé ce ’Ne te renie pas’, a raconté Benoît XVI. « Alors je n’avais plus d’autre choix et j’ai dit oui ».

« L’Eglise n’est pas vieille et immobile »

« Je me confie au Seigneur, je me confie à vous, chers amis », a demandé le pape sous les applaudissements qui redoublaient. « L’Eglise n’est pas vieille et immobile. Non, elle est jeune », a-t-il affirmé, reprenant ses paroles de la messe d’inauguration de son pontificat de la veille. Il a aussi souligné qu’il n’était « pas vrai que les jeunes recherchaient seulement le consumérisme et le matérialisme. Au contraire, « les jeunes veulent le grand ».

Voyant un drapeau bavarois, il s’est finalement adressé à ses confrères. « Même évêque de Rome », et y habitant depuis 23 ans et demi, « je suis resté Bavarois », a-t-il souligné. Il a aussi expliqué que chaque fois où il était rentré chez lui, il s’était dit « que la Bavière et Rome n’étaient pas seulement géographiquement assez proches » mais aussi liées par un esprit assez similaire. Il a aussi souligné les échanges entre les deux régions, notamment spirituels et culturels.

Le nouveau pape a ensuite donné rendez-vous aux Allemands à Cologne, pour la Journée mondiale de la jeunesse d’août prochain. « J’attends avec joie Cologne, où je rencontrerai les jeunes du monde, ou plutôt où les jeunes rencontreront le Christ ».

Puis, il a demandé l’indulgence des fidèles quand il se trompera ou dira des choses « peu compréhensibles ». « J’ai confiance en votre aide » et je vous demande votre confiance », a conclu le pape sous les applaudissements.

Les mains jointes, il a finalement invité les fidèles à réciter la prière du Notre-Père en allemand, suivi d’un chant à la Vierge. Cardinaux et évêques allemands, sont tour à tour allés saluer le pape qui se montrait très ouvert, restant debout et les prenant fermement par les épaules en geste d’accolade fraternelle. L’un d’eux lui remettant en cadeau une statue de la Vierge, il l’a présentée à l’assistance sous d’autres applaudissements. (apic/imedia/ar/vb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-benoit-xvi-recoit-avec-gaiete-les-pelerins-allemands/