Plusieurs centaines de femmes liquidées par « tradition »
Ankara, 25 avril 2005 (Apic) Des experts de l’Université de Glasgow aident la Turquie à combattre les « crimes d’honneur », dans lesquels des femmes et des jeunes filles sont assassinées par leurs proches parce qu’elles ont soi- disant apporté la honte sur leur famille.
Selon des organisations des droits humains, on estime qu’il y a plusieurs centaines de femmes turques tuées chaque année par leur famille pour des comportements jugés « déshonorants ». C’est-à-dire qu’elles ont été victimes de viol ou se sont opposées à un mariage forcé. Récemment, une jeune fille a été jetée du toit d’une maison par son frère, parce qu’elle voulait simplement porter des pantalons à un mariage de famille, explique Ismail Baris, le directeur des services sociaux de Turquie, pour qui il faut faire cesser cette « honte ».
Le défi est aigu car l’Union européenne a demandé des améliorations sur la question des droits humains à la Turquie d’ici 2015, date à laquelle le pays pourra entrer dans l’UE.
Une campagne de sensibilisation a été lancée la semaine dernière – la première de ce genre en Turquie -. Elle a été précédée d’une année et demi de travail avec les membres de l’Active Learning Centre, une petite organisation non gouvernementale qui a son siège à l’Université de Glasgow.
Selon une sociologue du centre écossais, la campagne, qui est parrainée par le département des affaires étrangères anglais, se base sur l’expérience anglaise en matière de lutte contre la violence faite aux femmes.
Pour 37% des hommes, une femme ayant « déshonoré » sa famille doit être tuée
Le gouvernement turc a déjà pris des mesures pour lutter contre le fléau que sont ces crimes. Un nouveau code pénal les rendra punissables de la peine de mort.
Mais les procès seront difficiles, jugent les observateurs. Beaucoup de ces crimes dits d’honneur sont camouflés en suicides. D’autres ne sont jamais découverts parce que dans les régions rurales, beaucoup de filles ne sont même pas enregistrées à la naissance et n’existent sur aucun papier administratif.
Un autre problème est lié à l’attitude des hommes vis-à-vis des femmes en Turquie: Ainsi 37% des hommes interrogés affirment qu’une femme qui a déshonoré sa famille doit être exécutée (apic/bbcnews/vb)
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