Rome: Le dialogue interreligieux, une des préoccupations majeures du nouveau pape

« Dans les pas de son prédécesseur », selon le cardinal Panafieu

Rome, 25 avril 2005 (Apic) Le cardinal Bernard Panafieu, archevêque de Marseille, a été impressionné que le dialogue interreligieux soit une des premières préoccupations de Benoît XVI. Le prélat français, membre du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, s’est dit convaincu que le nouveau pape continuera « dans les pas » de son prédécesseur mais avec « des accents différents » et le souci de ne jamais tomber dans « le relativisme doctrinal ».

Interrogé par l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, le cardinal archevêque de Marseille, Bernard Panafieu, a souligné que « dès sa première intervention, le pape Benoît XVI a marqué sa volonté de mettre ses pas dans les pas de Jean Paul II, dans le domaine interreligieux ». Le cardinal français a tout de même reconnu qu’il s’agissait d’un « domaine difficile ».

Le 20 avril, lors de sa première intervention devant les cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine, au lendemain de son élection, Benoît XVI avait déclaré à l’adresse des membres des autres religions vouloir « continuer à tisser avec eux un dialogue ouvert et sincère, à la recherche du bien de l’homme et de la société ». « Je n’économiserai pas mes forces et mon dévouement pour poursuivre le dialogue prometteur de mes vénérés prédécesseurs avec les différentes civilisations », avait-il encore affirmé.

Le cardinal Panafieu s’est dit « très impressionné que le dialogue interreligieux ait été une des préoccupations majeures que le pape Benoît XVI ait voulu souligner dès le début de son pontificat ». Pour l’archevêque de Marseille, « c’est le signe d’un désir de continuer, avec peut-être des accents différents, en se situant de diverses manières, ce dialogue patient et difficile ». A ses yeux, le nouveau pape aura « le soucis de ne jamais sombrer dans un relativisme doctrinal ».

Toutes les religions se valent .

« Je pense qu’il y aura un accent porté sur le respect des diversités », a encore estimé le cardinal français, ajoutant que Benoît XVI « refusera que l’on mélange ces phrases ou expressions que l’on prononce habituellement: ’toutes les religions se valent’. ’les religions du livre’. ». Pour lui, le pape « redira avec force ce qui fait la spécificité chrétienne tout en reconnaissant ce que le Concile appelait les ’semences du verbe’ qui sont au coeur même des autres religions ».

Ainsi, le nouveau pape est très attendu sur la question du dialogue avec les autres religions. Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi pendant 24 ans, est l’auteur, en septembre 2001, de la Déclaration Dominus Iesus qui a suscité des controverses par la fermeté de son rappel de l’unicité du salut apporté par le Christ.

Benoît XVI a, entre autres, précisé qu’il souhaitait renforcer les rapports avec les juifs. Il a ainsi envoyé un télégramme chaleureux à la communauté juive de Rome, en réponse à un message de félicitations. « Je me confie à l’aide du Très Haut pour continuer le dialogue et renforcer la collaboration avec les fils et les filles du peuple juif », a-t-il affirmé au rabbin de Rome, Riccardo De Segni.

Au cours de l’homélie de la messe d’inauguration de son pontificat, le 24 avril, il a particulièrement salué les « chers frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables de Dieu ». Mais il a aussi adressé ses salutations à « tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants ».

Joseph Ratzinger prend sa tête dans ses mains

A la question de savoir ce qu’il retenait en particulier du conclave, le cardinal Bernard Panafieu a répondu que ce serait d’abord une image: « celle de Joseph Ratzinger au moment où il devient Benoît XVI, au moment où il prend sa tête dans ses mains comme un homme effrayé par la tâche », a-t- il confié. Et d’ajouter, « puis, quelques instants après, il relève la tête, sourit et se lève, dans l’attitude de celui qui, après avoir pris la dimension de la tâche impossible qui l’attend à vue humaine, se sent appelé par le don de l’Esprit et saisit pour prendre la direction de la barque de Pierre ».

Outre cette image, le cardinal français a avoué retenir aussi « le grand silence de la chapelle Sixtine au moment du vote ». « 115 votants c’est long ! », a-t-il reconnu, avant d’ajouter qu’il a été « impressionné de voir que tous les cardinaux du monde, quelles que soient leur culture et leur tradition spirituelle, étaient abîmés dans la prière, saisis de l’intérieur par un geste dont nous savions qu’il engageait l’avenir de l’Eglise et, d’une certaine manière, l’avenir du monde ». (apic/imedia/ami/bb)

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