Inde: Les milieux de la recherche théologique s’interrogent sur l’orientation de Benoît XVI
Delhi, 29 avril 2005 (Apic) Les milieux de la recherche théologique en Inde suivent de très près l’orientation que donnera Benoît XVI à son pontificat, affirme l’agence «Eglises d’Asie». Le nouveau pape, lorsqu’il était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, s’était montré très attentif à la voie suivie par les chercheurs indiens dans le dialogue interreligieux et avait sévi à plusieurs reprises.
L’attention du cardinal Ratzinger s’était notamment porté sur le jésuite belge Jacques Dupuis, un temps installé en Inde, spécialiste du dialogue interreligieux, rappelle «Eglises d’Asie» dans son édition du 29 avril. L’ouvrage, intitulé «Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux», publié par le Père Dupuis en 1997, avait donné lieu en octobre 1998 à une enquête de la congrégation présidée par le futur pape. Une notification avait ensuite été publiée, relevant «de graves ambiguïtés et des difficultés sur des points doctrinaux importants».
Une autre affaire avait touché le Sri-Lankais et religieux de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, Tissa Balasuriya. Plusieurs propositions d’un de ses livres intitulé «Marie et la libération humaine» avaient été jugées hérétiques par la Congrégation pour la doctrine de la Foi. Leur auteur avait même été excommunié le 2 janvier 1997, relève «Eglises d’Asie». La sanction avait été levée un an plus tard par l’archevêque de Colombo, après que le religieux eut prononcé une profession de foi publique.
Pas de raison de s’inquiéter du nouveau pape
Un religieux de Goa, le Père Seby Mascarenhas, de la congrégation indienne des Missionnaires de Saint François Xavier, a cependant déclaré que les théologiens n’avaient pas de raison de s’inquiéter de l’élection du nouveau pape. «Les chercheurs s’engageront sur de nouveaux chemins, a-t-il souligné, et l’Eglise regardera toujours leur travail d’un oeil critique. Tel est le métier des théologiens. Cette tension existera toujours». Il a toutefois ajouté que le nouveau pape «était particulièrement clair dans l’énoncé de la doctrine».
D’autres escomptent un changement d’attitude intellectuelle du pape avec sa nouvelle charge. Mgr Alex Dias, de Port Blair, voit dans le nom de Benoît XVI l’annonce de cette nouvelle orientation. Benoît XV avait souligné que la condamnation du modernisme ne devait pas empêcher les chercheurs de se lancer sur de nouvelles voies.
D’autres théologiens, comme le jésuite T.K. John, spécialiste de la culture indienne, ont également insisté sur le changement de perspective que devrait entraîner le passage de la fonction de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi au gouvernement de l’Eglise. Le pape va devoir sortir du monde intellectuel intérieur qui lui était familier pour se lancer dans le vaste monde réel. Selon le religieux, les questions pratiques auxquelles il sera alors affronté seront surtout celles des relations avec les autres religions, de la position de l’Eglise à l’égard de la guerre, des nationalismes et de la mondialisation. (apic/eda/bb)
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