Au Pérou aussi on maltraite les journalistes

Monde: Journée internationale pour la liberté de la presse: 2004, une année noire

LIma/Paris, 3 mai 2005 (Apic) 38 journalistes ont été victimes de menaces, de violences ou d’actes d’intimidation dans l’exerce de leurs fonctions, depuis le début de l’année, révèle mardi l’Association nationale des journalistes péruviens. Quant à Reporters sans frontières, il qualifie de «noire» l’année 2004, avec la mort de 53 journalistes et la prison pour plus de 100 journalistes.

Sur les 38 cas dénoncés, 24 sont des agressions physiques. L’Association note trois cas de harcèlement judiciaire ainsi qu’un cas de détention arbitraire. Cinq cas d’agressions ont été commis par des forces de sécurités et policières.

L’Association avance ces chiffres pour marquer la Journée internationale de la liberté de la presse. Une journée de la presse encore que Florence Aubenas, et son guide, Hussein Hanoun, kidnappés le 5 janvier 2005, vivent encore en détention.

Selon Reporters sans frontières, qui marque également cette 15e Journée internationale, en 2004, 53 journalistes ont été tués et 107 emprisonnés pour avoir exercé leur profession. 53 morts: un record, inégalé depuis 1995. Et c’est l’Irak qui reste, pour la deuxième année consécutive, le pays le plus dangereux pour les journalistes, avec 19 morts et une quinzaine d’enlèvements.

De l’Asie à l’Afrique

En Asie aussi, on continue d’éliminer les journalistes qui dérangent: 16 d’entre eux sont morts en 2004. Avec 6 assassinats, 7 agressions et 9 menaces de mort, les Philippines restent, après l’Irak, le pays le plus dangereux pour les professionnels de l’information. Mais c’est sur le continent américain que la violence envers la presse a connu sa plus brutale accélération. Douze journalistes y ont été tués en 2004, contre 7 en 2003. Au Mexique, où aucun journaliste n’avait été tué depuis 1997, trois d’entre eux sont morts en 2004, tombés sous les balles de puissants cartels de la drogue qui contrôlent le trafic à la frontière avec les Etats- Unis. La Colombie demeure pour sa part toujours un immense danger pour les gens de la presse.

Selon Reporters sans frontières: La plus grande geôle du monde pour les journalistes reste la Chine, avec 26 journalistes détenus. A Cuba, malgré la libération de 7 journalistes en 2004, 22 autres croupissent toujours en prison, assure l’organisation.

Menaces. Censure, intimidation, harcèlement judiciaire… La liste des méthodes de pression à l’encontre des journalistes un peu partout dans le monde est longue et variée. (apic/co/ag/pr)

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