Rome: Suspension du Père Konrad Hejmo jusqu’à la fin du mois de mai
Rome, 9 mai 2005 (Apic) Le supérieur des dominicains de Pologne, le Père Maciej Zieba, a confirmé la suspension du dominicain Konrad Hejmo, et ce jusqu’à la fin du mois de mai, pour permettre l’examen de tous les documents qui l’accusent d’avoir été un espion des services secrets communistes.
Le père polonais Konrad Hejmo, organisateurs des pèlerinages polonais à Rome, où il vit depuis 1979, a récemment été accusé par Leon Kleres, directeur de l’Institut pour la mémoire à Varsovie, d’être un espion ou plus précisément ’un contact opératif’ des services de sécurité communistes polonais au Vatican. L’arrivée de son supérieur Maciej Zieba était attendue depuis les accusations portées fin avril contre le dominicain de 69 ans.
«Le frère Konrad n’est pas un espion, mais plutôt quelqu’un qui a trop parlé, avec légèreté, un bavard, finissant par fournir des informations précieuses», a expliqué à la presse italienne le supérieur des dominicains polonais, à Rome pour s’occuper de cette affaire.
«En ce moment, même si nous sommes fâchés contre lui, nous devons rappeler qu’il est un de nos frères», a encore souligné le père Zieba. «Nous lui donnons et nous nous donnons deux ou trois semaines dans lesquelles tous pourront étudier le cas». «Peut-être avec une commission entre les dominicains et le vaticane», a-t-il encore ajouté. «Et à la fin nous déciderons». A la question de savoir quels ont été ses interlocuteurs au Vatican, le père Zieba a répondu qu’il n’avait pas été mis en relation avec la Secrétairerie d’Etat, mais avec des personnes situées un échelon «plus bas».
Question de temps
«Nous ne sommes pas pressés, nous avons tout le temps pour chercher la vérité», a encore déclaré le supérieur général des dominicains polonais. «Personnellement, j’ai lu pendant 6 h les documents qui impliquent le père Hejmo, mais je ne suis pas un expert des services secrets». «Il faut examiner tout le matériel et la position du père Konrad, puis on décidera». «Nous sommes ses frères mais nous cherchons aussi la vérité», a-t-il soutenu. «Pour cela nous avons convenu qu’il soit suspendu pour 2 ou 3 semaines durant lesquelles nous continuerons à étudier les documents de l’Institut polonais», qui enquête sur les crimes du communisme et du nazisme.
Le 29 avril 2005, le père Hejmo avait démenti les accusations portées contre lui. «Je n’ai jamais été espion», avait-il alors déclaré à la presse italienne. Il avait aussi affirmé savoir que «beaucoup» de prêtres, à l’époque, étaient des sources des services secrets polonais «sans le vouloir». «Chaque prêtre polonais était surveillé», avait-il alors expliqué. Et «quand on en a parlé avec le pape», lors d’un déjeuner avec d’autres prêtres polonais en 1984, «tous disaient avoir un ange gardien, ce qui signifiait être contrôlés pour le compte du gouvernement polonais». «Le pape disait en savoir l’existence» et se «savait être espionné», avait-il aussi avancé. (apic/imedia/ms/pr)
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