22 pays se rapprochent malgré les pressions de Washington

Brésil: Alliance sans précédent entre l’Amérique latine et le monde arabe

Brasilia, 10 mai 2005 (Apic) Alliance sans précédent entre l’Amérique latine et les pays arabes. 22 pays se retrouvent à Brasilia pour tisser un pont. et nouer ou renforcer des liens à la fois économiques et culturels. Le rendez-vous déplaît à Washington et à Tel Aviv.

Des indiscrétions laissent entendre que les pressions des Etats-Unis exercées sur la Tunisie et la Colombie auraient finalement porté les fruits escomptés. Les deux pays ayant décidé «souverainement» de ne pas y participer.

Dans une «alliance de civilisations», comme l’a souligné le ministre des Affaires étrangères brésilien Celso Amorim, cinq douzaines de ministres et plus de 800 entrepreneurs de 22 pays de la Ligue Arabe et 12 latino- américains donnent vie mardi à Brasilia au premier sommet politico économique qui se soit jamais tenu entre deux zones si grandes et importantes du Sud du monde.

L’initiative a principalement été dessinée par le président brésilien Luiz Inacio Lula Da Silva. «L’Amérique Latine a toujours eu des rapports intenses avec l’Europe et les Etats-Unis, récemment avec le Japon aussi, mais plutôt limités avec les pays arabes» a souligné Lula, pour mieux encore expliquer le geste, et la portée de l’événement.

Des sources diplomatiques brésiliennes, sans préciser lesquelles, ont déclaré à l’agence France Presse que Washington est parvenu à exercer des pressions sur de nombreux pays avec un succès relatif (par exemple sur la Colombie et en Afrique sur la Tunisie) afin qu’ils ne participent pas au sommet.

Un rendez-vous appelé à être renouvelé

Le président irakien, Jalal Talabani, est quant à lui présent pour sa première apparition officielle sur la scène internationale. Le président de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), Abou Mazen (Mahmoud Abbas) est arrivé lui aussi à Brasilia. Il semble que ce sommet soit en mesure de produire non seulement des intérêts commerciaux mais aussi un texte de soutien à la cause palestinienne, malgré les premières recommandations de Lula à Abou Mazen, à savoir d’avoir «patience» pour le processus de paix au Moyen-Orient.

Grogne à Tel Aviv et Washington

Tel-Aviv, comme Washington, a bien entendu adopté des positions critiques à l’égard de ce sommet, et les observateurs se demandent bien pourquoi, mais le secrétaire de la Ligue Arabe, Amr Mussa, en répondant à une question à ce sujet a déclaré: «Ce sont des préoccupations qui ne nous regardent pas. J’aurais cependant apprécié une plus forte participation arabe».

Exportations et importations s’équilibrent entre le Brésil et les pays arabes en 2004. Elles ont dépassé le seuil de 8 milliards, avec une hausse de 50% par rapport à l’année précédente.

Le sommet, qui semble destiné à avoir une fréquence annuelle, devrait déboucher sur des ententes commerciales de fond mais aussi sur des positions communes à valeur politique plus marquée. Lula, le président argentin Nestor Kirchner et le vénézuélien Hugo Chavez discuteront aussi du Mercosur, le marché commun latino-américain du «cône du sud». (apic/misna/pr)

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