Rome: Le pape reçoit les diplomates: pays non encore accrédités auprès du Saint-Siège:
Rome, 12 mai 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI souhaite le développement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et des pays qui ne sont pas encore accrédités auprès de lui et promouvoir le dialogue entre les hommes en faveur de la paix. C’est ce qu’il a déclaré dans le premier discours diplomatique de son pontificat adressé aux ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, reçus en audience le 12 mai 2005.
Le pape n’a fait aucune allusion directement à un continent ou à un pays en particulier, sinon à l’Allemagne de la seconde guerre mondiale. Il a ainsi condamné le nazisme et le communisme.
Rendant hommage à l’oeuvre diplomatique de son prédécesseur et remerciant les représentants des Etats de leurs « attentions » durant la période de vacance du siège apostolique, le pape a ajouté qu’il pensait « aussi aux nations avec lesquelles le Saint-Siège n’entretient pas encore de relations diplomatiques ».
« Certaines d’entre elles se sont associées aux célébrations à l’occasion de la mort de mon prédécesseur et de mon élection sur le Siège de Pierre », a-t-il poursuivi en français. « Ayant apprécié de tels gestes, je désire aujourd’hui leur exprimer ma gratitude et adresser un salut déférent aux Autorités civiles de ces pays, formant le souhait de les voir au plus tôt représentés auprès du siège apostolique », a alors insisté Benoît XVI.
« De ces pays, notamment de ceux dans lesquels les communautés catholiques sont nombreuses, me sont parvenus des messages que j’ai particulièrement appréciés. Je voudrais dire combien ces communautés et l’ensemble des peuples auxquels elles appartiennent me sont chers ».
A propos de la Chine.
La mort de Jean-Paul II le 2 avril 2005, puis la messe des funérailles le 8 avril et l’élection de Benoît XVI le 19 avril 2005, ont été l’occasion d’échanges diplomatiques sans précédents avec des pays qui n’ont pas de relations avec le Vatican, le Vietnam, l’Arabie Saoudite et, en particulier, la Chine.
Si la République populaire n’avait pas envoyé de représentant aux funérailles de Jean-Paul II, contrairement à Taiwan, Pékin avait félicité le 20 avril le cardinal Ratzinger de son élection et avait souhaité que les relations tendues entre Pékin et le Vatican s’améliorent durant son pontificat.
« Nous espérons, que sous la direction du nouveau pape, le Vatican pourra créer des conditions favorables pour améliorer les relations entre la Chine et le Vatican », avait déclaré au lendemain de l’élection de Benoît XVI, Qin Gang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Le régime chinois, officiellement athée, a rompu ses relations avec le Vatican en 1951 et a affirmé qu’il étudierait la reprise de la diplomatie avec le Vatican à deux conditions. En revanche, le Vatican est le seul Etat européen a entretenir des relations officielles avec Taiwan, que Pékin revendique toujours comme partie intégrante de son territoire.
Dans ce premier discours au corps diplomatique, le pape s’est aussi engagé pour la « défense de la cause de la paix » dans le monde. Il s’est alors référé à sa propre expérience de citoyen allemand.
« Je viens d’un pays où la paix et la fraternité sont chères au coeur de tous les habitants, notamment pour ceux qui, comme moi, ont connu la guerre et la séparation entre frères appartenant à une même nation, en raison d’idéologies dévastatrices et inhumaines qui, sous couvert de rêves et d’illusion, faisaient peser sur les hommes le joug de l’oppression », a déclaré le pape. « Vous comprendrez donc que je sois particulièrement sensible au dialogue entre tous les hommes, pour dépasser toutes les formes de conflits et de tensions, et pour faire de notre terre une terre de paix et de fraternité ».
Benoît XVI a ainsi appelé « tous les hommes de bonne volonté » à réaliser « une société pacifique, pour vaincre la tentation d’affrontements entre des cultures, des ethnies et des mondes différents. Pour cela, chaque peuple doit puiser dans son patrimoine spirituel et culturel les meilleures valeurs dont il est porteur afin d’aller sans peur à la rencontre d’autrui, acceptant de partager ses richesses spirituelles et matérielles au bénéfice de tous ».
Benoît XVI a aussi souligné que dans cette oeuvre, « l’Eglise ne cesse de proclamer et de défendre les droits humains fondamentaux, malheureusement encore violés en différentes parties de la terre, et elle oeuvre afin que soient reconnus les droits de toute personne humaine à la vie, à la nourriture, à un toit, au travail, à l’assistance sanitaire, à la protection de la famille et à la promotion du développement social, dans le respect de la dignité de l’homme et de la femme ».
Pas de privilèges, mais.
Enfin, le pape a expliqué que « l’Eglise ne demande aucun privilège pour elle-même, mais uniquement les conditions légitimes de liberté et d’action à sa mission. Dans le concert des nations, elle souhaite toujours favoriser l’entente entre les peuples et la coopération fondées sur une attitude de loyauté, de discrétion et de cordialité ».
Chacun des diplomates est venu saluer le pape et échanger quelques mots avec lui. Mais c’est Giovanni Galassi, l’ambassadeur de la République de San Marin et doyen du corps diplomatique, qui s’est adressé au pape en français au nom de tous: « C’est vers vous que se tournent avec une confiance renouvelée les hommes de tous les continents et de toutes les religions, pour sortir de la spirale maléfique des égoïsmes et des prévarications, avec l’espoir fondé que votre magistère éclairé saura favoriser une nouvelle coexistence pacifique entre les hommes et entre les peuples, dans le respect mutuel et dans le développement d’une nouvelle société qui ne soit pas simplement asservie au libre marché ou à des idéologies du pouvoir, mais qui soit consciente des trésors spirituels que toute créature porte en elle », a ainsi déclaré le diplomate de la petite république de la péninsule italienne.
174 pays
Le Saint-Siège entretien des relations diplomatiques avec 174 pays, auxquels il faut ajouter l’ordre de Malte et les missions diplomatiques à caractère spécial de la Fédération de Russie et de l’Autorité nationale palestinienne. Il convient par ailleurs noter les trois bureaux de représentation d’organisations internationales présents au sein de la diplomatie vaticane. Il s’agit de l’Onu, de l’UNHCR et du bureau de la Ligue des Etats arabes, créé le 8 février 2000.
Les derniers pays à avoir formalisé des relations diplomatiques avec le Saint-Siège sont le Timor est et le Qatar en 2002. En 1978, 92 pays étaient accrédités auprès du Vatican. Ce sont donc 83 pays qui ont noué des relations diplomatiques pendant le pontificat de Jean Paul II. (apic/imedia/hy/pr)
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