Les Eglises chrétiennes confrontées au défi de la pluralité

Grèce: Conférence mondiale sur la mission

Athènes, 12 mai 2005 (Apic) Les Eglises chrétiennes sont aujourd’hui confrontées au défi de la pluralité, constatent les participants à la Conférence mondiale sur la mission, qui se tient à Athènes, en Grèce, du 9 au 16 mai

Les chrétiens, qui sont aujourd’hui confrontés à la mondialisation croissante, à la pluralité religieuse et aux tensions entre les religions, doivent réexaminer leur relation avec d’autres croyants. «Nous connaissons aujourd’hui une situation où les gens sont coupés de leurs racines religieuses à cause du phénomène de migration mondiale», a constaté Christine Lienemann, professeur à l’Université de Bâle, en Suisse, qui s’exprimait le 11 mai dans le cadre de la Conférence.

La Conférence est organisée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE) qui compte 347 Eglises membres, principalement protestantes, anglicanes et orthodoxes. Des représentants de traditions évangéliques, pentecôtiste et catholique romaine qui ne sont pas membres du COE participent à la Conférence.

Christine Lienemann présentait un nouveau document sur la pluralité religieuse et la perception que les chrétiens ont d’eux-mêmes, élaboré sous les auspices du COE. Selon ce document, «le plus grand défi» auquel se trouvent confrontées les religions se situe dans le contexte de «la polarisation croissante des communautés, du climat de peur ambiant et de la culture de la violence qui s’est emparée de notre monde».

Reprenant un terme du document, Christine Lienemann a mis l’accent sur la nécessité de «l’hospitalité» religieuse considérée comme un signe de respect pour la diversité religieuse. «L’hospitalité est l’opposé de la contrainte dans la conversion», a-t-elle dit. «Naturellement, la conversion ne devrait pas être exclue comme une option de l’invité provenant de sa décision, mais ce n’est absolument pas le but.»

Initiatives débridées et compétitives

Pourtant, a fait remarquer Veli-Matti Karkkainen, professeur pentecôtiste au Séminaire de théologie Fuller en Californie, «les religions doivent avoir une véritable occasion de soutenir leurs arguments». «La foi chrétienne, comme l’islam, mais contrairement à la foi juive, est missionnaire par nature», a-t-il dit en ajoutant que «la contrainte dans la conversion est différente de la démarche évangélisatrice».

Le pasteur Hermen Shastri, secrétaire général du Conseil des Eglises de Malaisie, a toutefois averti que «les croyants d’autre religions se sentent menacés par les initiatives débridées et compétitives des Eglises lorsqu’il s’agit d’évangélisation». Selon lui, les musulmans se sentent «agressés» par les missions évangélisatrices venues de l’étranger.

«En Malaisie, même les hindous, les bouddhistes et les sikhs commencent à penser que leurs propres communautés sont agressées par une évangélisation chrétienne offensive et intolérante.» En Malaisie, les musulmans représentent environ 60% des 24 millions d’habitants et les chrétiens moins de 10%.

Dans son allocution à la Conférence, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du COE, avait suggéré que «le dialogue que nous avons entre nous-mêmes en tant que chrétiens devrait être élargi pour comprendre les croyants d’autres religions». (apic/eni/pr)

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