Rome: Ouverture immédiate de la cause de béatification et de canonisation de Jean Paul II
Rome, 13 mai 2005 (Apic) Benoît XVI a suspendu le délai obligatoire de cinq avant l’ouverture de la cause de béatification et de canonisation de son prédécesseur Jean-Paul II. Cette annonce a été faite lors de la première audience du pape au clergé de Rome dans la basilique Saint-Jean-de-Latran, le 13 mai, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima et 24e anniversaire de l’attentat manqué contre le pape polonais.
Au terme de son intervention devant le clergé du diocèse de Rome, et avant d’écouter les questions de nombreux prêtres, le pape a annoncé avec un grand sourire avoir une communication « heureuse » à faire. Benoît XVI a alors lu une lettre, en latin, adressée au cardinal vicaire de Rome, Camillo Ruini, par le cardinal Saraiva Martins et Mgr Edward Nowak, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour la cause des saints.
« A la demande du cardinal Ruini, vicaire général de Sa Sainteté pour le diocèse de Rome, le souverain pontife Benoît XVI, considérant les circonstances particulières exposées lors d’une audience concédée à ce même cardinal le 28 avril 2005, a dispensé du délai de cinq ans d’attente après la mort du Serviteur de Dieu Jean Paul II (Karol Wojtyla), souverain pontife, afin que la cause de béatification et de canonisation de celui-ci puisse débuter immédiatement », est-il écrit dans la lettre datée du 9 mai 2005.
Avant même que Benoît XVI n’ait le temps de terminer la lecture de la lettre, les prêtres et diacres rassemblés à Saint-Jean-de-Latran se sont levés pour applaudir avec enthousiasme. Le pape s’est également levé un instant, avant de reprendre la lecture de la communication de la Congrégation pour la cause des saints. « Je vois que vous comprenez bien le latin », a dit en concluant le souverain pontife, avec un sourire.
Cette annonce a été faite au jour où l’Eglise catholique célèbre la fête de Notre-Dame de Fatima, à laquelle Jean Paul II était très attaché. Il avait attribué à la Vierge de Fatima (Portugal) le fait d’avoir été épargné lors de l’attentat sur la place Saint-Pierre, le 13 mai 1981, il y a 24 ans jour pour jour.
Le délai de 5 ans: une règle de prudence
Il revenait seulement au pape la possibilité de lever le délai de cinq ans avant l’ouverture d’une cause, un délai voulu par Jean Paul II lui- même dans la Constitution apostolique Divinus perfectionis Magister, publiée en 1983. Ce texte a vise simplifier la procédure de reconnaissance d’un saint, en donnant plus d’importance à la recherche historico- scientifique. Les normes actuelles requièrent un délai de cinq ans après la mort d’une personne pour l’ouverture d’un procès en béatification. Il s’agit, selon le préfet de la Congrégation pour la cause des saints, le cardinal Saraiva Martins, d’une « règle de prudence, pour faire tempérer l’émotion qui accompagne généralement la mort des grands personnages de l’Eglise ».
Mgr Edward Nowak, secrétaire de la Congrégation pour la cause des saints, avait estimé pour sa part le 11 avril dans le quotidien italien Corriere della Sera qu’il semblait « vraisemblable » que le prochain pape « puisse proclamer saint assez rapidement » Jean Paul II, reconnaissant valide « l’acclamation populaire » qui a eu lieu le jour de ses funérailles. Ainsi, le 8 avril, des fidèles brandissaient place Saint-Pierre des banderoles portant l’inscription ’Santo subito’, réclamant ainsi la canonisation immédiate du pape défunt. A l’origine des banderoles apparues lors des funérailles, le mouvement italien des ’Focolari’ avait exprimé son désir que les longues procédures en vue d’une béatification du pape défunt soient abrégées. Dans le même temps, les témoignages de miracles attribués au pape polonais avaient afflué au Vatican.
Le geste de Benoît XVI, moins de six semaines après la mort de son prédécesseur, permet l’ouverture d’une procédure exceptionnelle en vue de la béatification puis de la canonisation de Jean Paul II au niveau du diocèse de Rome. Un élément déterminant sera, par ailleurs, la découverte d’un miracle attribué au pape polonais après sa mort, indispensable pour qu’il soit proclamé bienheureux. (apic/imedia/ami/bb)
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