Rome: Le Conseil pontifical pour les communications sociales dénonce la pornographie
Rome, 19 mai 2005 (Apic) Le président du Conseil pontifical pour les communications sociales a déploré la diffusion de la pratique dégradante de la pornographie. Mgr John P. Foley a invité les professionnels du secteur de la communication à prendre leur responsabilité, le 19 mai 2005.
L’archevêque américain en charge des communications au Vatican est intervenu lors de la présentation à Rome du 4e rapport sur la pornographie réalisé par l’Eurispes, Institut italien d’études politiques, économiques et sociales.
Remerciant l’Eurispes pour le travail réalisé avec professionnalisme et engagement, Mgr John Patrick Foley a déploré «l’alarmante diffusion d’une pratique aussi dégradante que la pornographie, malheureusement considérée comme rentable». L’archevêque a aussi fait appel à la responsabilité personnelle des professionnels qui oeuvrent dans le domaine des communications. Il les a invité à établir «des codes éthiques inspirés du respect de la dignité de l’homme et du bien commun, finalisés en vue du développement de la personne humaine».
Développer une réelle pédagogie de la part de la famille, de l’école et de la société
Mgr Foley a noté que les plus vulnérables sont les enfants et les jeunes, qui passent de nombreuses heures devant la télévision et qui naviguent sur internet. «C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il faudrait qu’il existe une réelle pédagogie de la part de la famille, de l’école et de la société». Il a encore estimé que «la pornographie pervertit les rapports humains, se base sur l’exploitation des personnes, crée des comportements anti-sociaux, annule le sens moral et ne peux pas aboutir à des relations matures parce qu’elle se fonde sur l’égoïsme et crée une réelle dépendance».
L’archevêque américain a jugé que, «face à une telle menace de la saine formation de l’homme», chacun était appelé à ne pas réagir avec un comportement qui soit seulement celui de la censure et de la condamnation. Ainsi, il a souhaité que tous répondent au problème en instaurant un dialogue continu avec le monde de la communication, avec les industries du cinéma qui déterminent la diffusion des modes et des comportements, avec les autorités des Etats, et surtout avec le public, afin qu’il sache discerner et faire des choix.
Il convient d’établir des valeurs «valables pour chaque culture et chaque confession», a précisé Mgr Foley avant de féliciter enfin l’Eurispes d’avoir réalisé une étude qui devrait pousser chacun à travailler et à donner vie à une culture saine et positive. Roberta Tatafiore, auteur des recherches, a présenté son travail le 19 mai 2005 en compagnie du président de l’Eurispes, Gian Maria Fara, et du président du Conseil pontifical pour les communications sociales.
Le porno ne connaît pas la crise
Selon ce rapport, même en pleine période de récession, le marché de la pornographie en Italie ne connaît pas de crise économique. Ainsi, ce marché avoisinait le milliard d’euros par an en 2002, 2003 et 2004. Le premier rapport sur la pornographie, sous le patronage du Conseil pontifical pour les communications sociales, date de 1984.
Intervenant le 16 novembre 2002 à l’occasion d’une conférence du ministre italien des communications sur «l’éthique dans les communications», Mgr Foley avait déjà insisté sur «le droit des familles à la réserve et au respect». «Elles devraient avoir la garantie que les moyens électroniques qui ont aujourd’hui un libre accès dans les maisons ne transmettent ni pornographie, ni violence gratuite, ni incitations à la haine», avait alors confié le prélat américain.
En 1989, le Conseil pontifical pour les communications sociales avait publié un document intitulé «Pornographie et violence dans les moyens de communication: une réponse pastorale». Au préalable, en décembre 1963, le décret «Inter Mirifica» du Concile Vatican II avait déjà mis l’accent sur «le bon usage» des moyens de communication. (apic/imedia/ami/be)
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